Note du test 9.5/10En conclusion :

Cette phrase ne devra jamais sortir de son contexte mais qu’il est bon parfois de se prendre une bonne raclée ! Sous son apparence sexy, Cuphead se dévoile comme un jeu profond et immersif. Au-delà de son identité visuelle et sonore, le soft montre qu’il est loin de n’être qu’une vitrine. On retrouve dans les entrailles de Cuphead tout ce qui fait la force du jeu vidéo : avoir les clés pour progresser sans que les développeurs ne nous mâchent le travail. La satisfaction lors des victoires arrachées de justesse n’en est que plus belle. Magnifique sous tous ses aspects, Cuphead est une démonstration de force de la part de ses géniteurs, tant l’alchimie est au bord de la perfection. Une attente qui s’avère payante pour nos PS4 et bon sang que cela fait du bien ! Se retrouver privé d’un tel titre aurait été si décevant… Toujours est-il que s’il fallait désigner l’un des représentants de la génération, ce serait à coup sûr le bébé du studio MDHR. Ce dernier fait partie de la caste très fermée des oeuvres qu’il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie de gamer. Dans le cas contraire, l’histoire chercherait encore sa complétion. Ainsi, c’est haut et fort que PSMag ne peut que vous guider vers la voie de Cuphead, ce petit fripon tout mignon qui vous en fera certainement baver tout en vous prenant vos plus beaux sourires. Et ce n’est pas en tant que rédacteurs que nous vous parlons mais en tant que joueurs frappés par la foudre, à nouveau, grâce aux petites mains acharnées de magiciens indépendants.

Les plus

Ambiance incroyable
Image et son en symbiose
Gameplay simple et parfait
Boss de folie
Phases de Run’N’Gun également
Et en avion c’est bien aussi !
Coopération possible
Difficile sans être frustrant

Les moins

Quelques soucis de visibilité
Un grain d’image qui pourrait rebuter

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    rédacteur
    NoBloodyKnows


  • ps4

    Cuphead
    Editeur et Developpeur : Studio MDHR
    Genre : Plates-formes
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 28 juillet 2020
    Trophées : Oui
    Prix de lancement : 19,99€
    Support


    Test Cuphead

    Publié le lundi 17 août 2020 à 21h35 par NoBloodyKnows
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    Il y a des jours où le constat ne peut être plus clair : au-delà de la grâce, c’est carrément la Providence qui s’abat sur le monde du jeu vidéo. Cuphead bon sang... Cela se déroule à de rares instants qu’il faut savoir saisir et chérir. Pis : les caresser avec une douceur inouïe. Surtout lorsque nous sommes surpris, la bouche ouverte, les yeux écarquillés devant une nouvelle dont nous n'imaginions même pas l’accomplissement. Autant dire qu’au NBK, nous sommes tombés de notre chaise lorsque Cuphead, création du studio MDHR, débarque sur nos PS4 sans crier gare ! Jusque-là apanage de la Xbox One avec une sortie en 2017 avant un portage sur Switch en 2019, voilà que l’objet est porté sur le support de Sony le 28 juillet 2020. Nous nous répétons inlassablement : mieux vaut tard que jamais. Tout de même ! Une arrivée imprévisible, voire féroce, qui ne saurait que donner du baume au coeur tant l’initiative provient du néant. Toute cette frustration de voir cet arrogant rejeton du talent sur d’autres machines, la bave aux lèvres, en maudissant l’espace d’une fraction de seconde le modèle économique lié à la concurrence. Sans opter pour une vision plus politique de la chose, reconnaissons que cela apporte de la diversité où les développeurs donnent le maximum pour que le graal exclusif soit celui qui fasse pencher l’hésitant ou même le réfractaire dans l’autre camp. Une bien belle curiosité qui ne sera pas à mettre entre toutes les mains mais dont il est capital d’en connaître les fondements. Car oui, il serait une calamité de se passer d’un titre qui est à lui seul la marque d’une gen pleine d’idées et d’émerveillement. La preuve, s’il le fallait, que le grandiloquent n’est rien sans inspiration. Mesdames et Messieurs : en route pour le voyage vers le joyau du loisir vidéoludique !

     

    Cup, lune et halles (ne nous jugez pas !!!)


    Puisqu’il faut bien commencer quelque part, il s’agit avant tout de définir ce qu’est Cuphead. Pour faire simple, il s’agit d’un savant mélange de 3 phases principales de jeu, entre le boss rush (majoritaire), les niveaux de Run’N’Gun et les fantaisies aériennes au parfum de Shoot’em Up.

    Cependant, avant de vous détailler tout cela, délectons nous de ce qui frappe le plus au premier abord : la Direction Artistique de folie ! Une subtile alliance entre le visuel et le son dont la jonction éclaire la voie du plaisir. Pas la peine de vous le cacher : si le dessin animé des années 30 vous botte, alors Cuphead vous enverra tutoyer le Paradis avec une aisance quasiment insolente ! Un design et des animations dignes de Fleischer Studios (Betty Boop les amis !), Warner Bros. Cartoons et, évidemment, Disney. Une claque de tous les instants qui ne sombre pas dans la fausse mélancolie déguisée en hommage dégoulinant.

    Non, la propre identité transpire de tous les pores de la création. Si certaines loufoqueries ne cachent pas leurs inspirations respectives, point de pastiche (chinquante et un, dédicace à la team Chroma !). Le chara-design est fort réussi, avec notamment des boss complètement dingues, capables de transformations toutes plus ahurissantes les unes que les autres. Et encore une fois, les animations sont parfaites et donnent vie à l’ensemble.

    Seul point qui pourrait en déranger plus d’un : cela est parfois trop chargé visuellement et cela empiète légèrement sur la lisibilité, surtout lorsque vous jouez à 2 en coopération (oui le mode est bien présent !). Autre “tare” éventuelle qui pourrait en rebuter quelques-uns : le grain de l’image, volontairement usé, pourrait fatiguer certaines rétines. Toutefois, cela reste un choix fort et pertinent à notre sens en dépit de quelques petits tracas.

    Sachant que nous râlons suffisamment lorsqu’une oeuvre trop épurée paraît vide à la longue…
     

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    Loufoque, dingue... et absolument génial !

    Fire Bugs


    Il serait inconvenant de ne pas mêler au franc succès cette partition de Kriss Maddigan éclatante, sans sortie de route. Jazzy et pêchue, elle reflète parfaitement l’ambiance et la bonne humeur qui se dégagent de Cuphead malgré, comme nous le verrons, un challenge des plus exigeants.

    Rien que cette musique de la carte du monde, dont la vue du dessus suinte le compliment à la gen 8-bits, vous laissera rêveur dans ses différentes variations. Et jamais la boucle ne deviendra oppressante pour nos tympans ! Un délice à chaque bouchée, aussi bien dans ses tons les plus discrets ou plus enjoués. L’idée est de coller aux mouvements de l’écran pour une immersion maximale. Pas de doute : la symbiose est extraordinaire. Au-dessus de l’excellence, ce qui a le don de nous laisser pantois tant l’univers semble si bien assemblé qu’en aucun cas nous ne pouvons imaginer autre chose qu’une espèce de cerveau collectif ayant donné vie à Cuphead.

    Mince alors ! Et ces bruitages... ces bruitages ! Merveilleux, tout simplement. Une tartasse de tout instant tant la justesse n’est jamais mise à défaut. Souvent rigolos, ceux-ci se marient avec le dynamisme ambiant et participent à l’explosion qualitative du soft. Tout fonctionne avec une agilité incroyable et chaque enchaînement semble naturel, voire facile. Comme si les petites mains des archimages du studio avaient relevé un défi en allant bien au-delà de l’objectif.

    Jamais les transitions ne vous choqueront et l’excitation de ce cartoon nous affuble d’une douce nostalgie. Oui, cela fait “équipe de vieux pépères passéistes” ; en outre, avouons que ce charme est immortel et bien plus efficient que certaines mises en scène “too-much” utilisées à outrance ! Un scénario simple (une partie de dés qui tourne mal), 2 héros sympathiques (Cuphead et Mugman) et c’est parti pour vivre une grande aventure.

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    D'accord cela est chargé. Mais quel univers bon sang !

    Head & Shooters


    Que se passe-t-il concrètement dans Cuphead ? Tant de choses en fait avec une accessibilité de bon augure. Le gameplay est complet tout en restant simple : le déplacement, un dash (au sol ou aérien), le switch pour les armes, le saut, le coup spécial… plus quelques nuances mais, en gros, voilà votre panel. En plus du tir qui dispose de plusieurs utilisations : ou vous shootez en vous déplaçant, allumant ce qui bouge face à vous, ou vous vous figez et avez accès à 8 directions pour balancer vos pruneaux.

    Un système très ingénieux où la clé du succès passe par l’alternance de ces 2 positions et les risques que cela comporte. Certes, rester statique vous met en danger sauf que la précision est accrue. Se mouvoir vous fera connaître de belles esquives mais pour faire mouche, ce sera bien plus complexe. Un coup à prendre assez rapidement car il faudra s’y faire : dans Cuphead tout va vite, très vite. Du simple mob au gros boss, il faudra des nerfs d’acier pour dompter la difficulté relevée. Le challenge est bien présent !

    Présent sans être frustrant. En effet, les coups sont clairement annoncés et vous n'aurez jamais cette sensation de traîtrise. L’astuce réside dans la lecture des patterns ennemis que vous apprenez inlassablement. Et des fessées, vous en prendrez ! En outre, vous ne serez que rarement en colère et ce pour plusieurs raisons. D’une, la bonne ambiance évoquée plus haut aide beaucoup. De deux, la plupart du temps, la hitbox adverse reste relativement permissive. Chose également essentielle : le jeu est fluide !

    Tout réside donc dans votre capacité à observer dans un premier temps puis à faire parler votre dextérité pad en main par la suite. En ce sens, nous pouvons évoquer une ergonomie impeccable qui permet d’effectuer les actions que l’on désire, sans s’embrouiller bêtement.

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    Les phases orientées shmup, absolument succulentes.

    Head is Dead


    Présenté comme tel, vous pourriez croire que tout se résume à ceci. Pas tout à fait. D’autres mécaniques sont à prendre en compte. Sachez tout d’abord que l’épopée est rude. Cependant, le fait d’avoir une carte du monde permet de se frotter à quelque chose d’autre si nous nous retrouvons coincés face à un gardien. Cela permet d’éviter l’agacement. On bute, on va voir ailleurs et on revient plus motivé que jamais ! Enfin dans la mesure du possible, le soft n’étant pas open-world et nécessitant le déblocage de plusieurs passages.

    Comme nous vous le disions, vous serez en confrontation avec des boss particulièrement variés et dont les mises en scène sont appréciables. Un mode “facile” est à votre disposition. Cependant, les développeurs ont encore, à raison, emprunté une voie singulière. Cuphead est pensé pour le mode normal et abaisser la difficulté vous empêche de voir certaines phases lors des affrontements et, pire, vous ne pourrez pas progresser dans l’histoire. Clairement, ce mode n’existe qu’en guise d’exercice, le temps de bien piger ce qu’il faut faire face à l’antagoniste et ce avant de lui mettre la véritable rouste.

    Aucune jauge de vie adverse n’apparaît. Néanmoins, en cas de mort, vous verrez votre progression sur une ligne temporelle avec un visuel des étapes vous permettant de vous situer dans la chronologie de la castagne. Ce sera votre unique indicatif qui vous permettra, le cas échéant, de savoir où vous en êtes avant le fatidique “knock out!” qui vous arrachera un si doux sourire aux lèvres. Vous appréhendez peu à peu les différentes phases et les transformations, comme si Cuphead mettait une introduction, un développement et une conclusion aux duels.

    Et à notre sens, cela est une nouvelle fois un respect total envers le joueur, non tenu par la main mais suffisamment guidé pour ne pas être lâché en pleine nature. Un agencement millimétré dont le ciment est cette passion parfaitement retranscrite qui livre donc un petit bijou sur tous les plans.

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    Des inspirations de folie pour un jeu qui l'est tout autant.

     

    Mug vaut tard que jamais


    D’autres défis vous attendent, comme ces extraordinaires moments où vous affronterez dans des niveaux des mobs qui vous harcèlent, effectuent repop sur repop tout en vous gênant dans les phases de plateforme loin d’être pénibles. Pas de difficulté à choisir pour le coup et aucun checkpoint. Même principe : pour savoir ce qu’il en est, il faudra échouer. Et pas de panique : cela arrivera ! Un vil compteur de morts ne sera que trop disponible pour vous le rappeler.

    Enfin, les instants où vous contrôlez un avion sont tout aussi réussis, avec une petite nuance dans l’esquive à bien intégrer. Rétrécir pour aller plus vite et éviter une charge efficacement, cela ne se fait pas sans plusieurs tentatives ! La mécanique est aussi huilée avec brio, si bien qu’aucune proposition n’est moins efficiente qu’une autre.

    Mais vous n’êtes pas seul… loin de là ! Ainsi, vous aurez des pièces à trouver, plus ou moins cachées ou accessibles, dans les niveaux ou sur la carte. Votre bourse servira à améliorer votre équipement, comme les attaques spéciales (soumises à une jauge, évidemment) qui vous soulageront tout en vous laissant un temps vulnérable. La possibilité de récupérer un slot de vie fait du bien, et vous pouvez améliorer vos tirs. Attention ! Encore une fois, rien n’est totalement gratuit. En effet, si vous optez pour des “balles” plus fortes, la portée sera réduite. A l’inverse, si vous souhaitez que celles-ci soient téléguidées, leur impact est bien moindre. Et ainsi de suite...

    C’est dans cet équilibrage que se trouve la force insaisissable de Cuphead. Tout est entre vos mains pour vous filer un coup de pouce, et nous ne saurions que trop vous conseiller de bichonner votre équipement pour mieux gérer une situation. Seul bémol, vous pouvez le modifier sur la carte et seulement sur celle-ci, ce qui est dommage lorsque l’ennemi a pris le dessus. Vous devrez donc sortir du level, vous changer, et retourner au combat. Oui on chipote ! La preuve, s’il en fallait encore une, que peu de défauts sont imputables au produit.

    Tout cela permet de mieux savourer la formule, certes identique dans son déroulement, et de trouver une méthodologie dans son jeu. Le respect du gamer on vous dit !

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    Une cohérence hors norme.

    Evil Head


    Par bonheur, la possibilité de parcourir le récit à 2 est en première ligne. Là encore, tout est une question de nuance ; cela augmente votre puissance de frappe et… la résistance des belligérants ! Si votre partenaire meurt, bon courage pour terminer un niveau devenu plus difficile qu’en solo ! Il faut aussi noter qu’en duo, cela devient parfois un joyeux bordel à l’écran et il est de temps à autre complexe de s’y retrouver. Cela n’en devient pas confus, mais c’est à souligner.

    Rassurez-vous : si votre complice tombe au combat, vous aurez la possibilité de le ressusciter si vous êtes rapide et agile. Un système de “parade” est mis en place : un double-saut qui, effectué au bon moment, vous permet de contrer un objet dont le code couleur est le rose. De fait, vous pourrez aller chercher une pièce difficilement atteignable, ramener votre compagnon ou tout simplement parer une attaque gênante. Et il sera impossible de s’en passer !

    L’apprentissage pourrait sembler long : il n’en est rien. Les premières étapes sont largement jouables et des défis dans des mausolées sont des lieux d’entraînement parfaitement adaptés. La parade est donc une prise de risque mais le jeu en vaut la chandelle ! En effet, à chaque succès, vous obtiendrez une note consécutive à vos exploits. Les critères sont on ne peut plus classiques : bonus de temps, de vie, nombre de coups spéciaux et de parades… et c’est à cet instant précis que toute l’essence de Cuphead rejaillit ! Finir le jeu est une chose. Obtenir la note ultime sur chaque tableau en est une autre, augmentant drastiquement la durée de vie du titre, qui en devient stratosphérique !

    Un visage très arcade et addictif. Le syndrome “une dernière et j’arrête” est de retour ! Au rayon des bonnes nouvelles, dont la liste est exponentielle, soyez assuré de la traduction française du titre, ce qui n’était pas le cas lors de la sortie initiale. Que demander de plus ?

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    Tout est méticuleusement représenté.

     

     




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