Note du test 7.5/10En conclusion :

La compilation La-Mulana 1 & 2 séduira les amoureux de la torture, de l’aventure pure et dure car très punitive. Il faudra des nerfs d’acier pour traverser les 2 productions. En plus d’une énorme patience, vos réflexes et votre sens de la réflexion seront mis à rude épreuve dans un récit qui fait appel, avec brio, à de multiples qualités. En ce sens, l’aspect metroidvania et l'absence d’indication sont le point fort du jeu. Chaque joueur fait son exploration comme il l’entend. La DA rétro est un hommage aux jeux 16 bits mais elle ne plaira assurément pas à toute le monde; cependant, impossible de reprocher une faute de goût sur cet aspect assumé et maîtrisé jusqu’au bout des ongles! Cela dépendra avant tout de votre appétence envers le genre et...de votre bourse, l’expérience étant malheureusement un peu onéreuse. Sur le fond, La-Mulana se présente comme une compilation destinée pour les fans du genre. Comme si l'utilisation du fouet avait une double connotation...mais il paraît que certaines personnes pimentent leur vie par la découverte. Et comme la règle s’applique aux gamers, libre à vous de vous engouffrer dans une autre voie!

Les plus

Un hommage au metroidvania 16 bits
Une aventure prenante
Grisante
Unique
Variée

Les moins

Mais une difficulté punitive
Trop punitive
Toujours pas traduit
Le prix

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    rédacteur
    La Rédaction


  • ps4

    La-Mulana 1 & 2
    Editeur : Koch Media
    Développeur : NIS America
    Genre : Action | Plates-formes
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 20 mars 2020
    Trophées : Oui
    Support


    version éditeur

    Test La-Mulana 1 & 2

    Publié le mercredi 08 avril 2020 à 21h02 par La Rédaction
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    Koch Media nous avait permis de découvrir la compilation La-Mulana 1 & 2 lors d’un événement avec NIS America en février dernier. L’occasion également de rencontrer Alan Costa, le producteur de la boutique d’édition de Californie et de lui poser quelques questions (lien vers itw). La grande difficulté des titres d’origine y était évoquée, avec la promesse de ne faire aucune concession. En gros, il y a de quoi s’attendre à des claquots, des chutes, de l’errance et des montées de tension jusqu’à en péter un boulard avant de revenir plus sereinement. Un lourd tribut que seule une poignée osera payer. Alors La-Mulana: le jeu de niche par excellence?

     

    Une compilation faisant honneur au jeux 16 bits


    La compilation La-Mulana 1 & 2 sort aujourd'hui sur PlayStation 4 et comprend les deux épisodes de la saga. La-Mulana d’abord, sorti depuis 15 ans sur PC (vous verrez, ce détail a son importance!). Pour la petite histoire, le jeu avait eu le droit à une adaptation sur la PS Vita sous le nom de La-Mulana EX début 2015: un lifting sympathique!
    La-Mulana 2 quant à lui a été développé plus récemment (juillet 2018) via une campagne Kickstarter. Le financement participatif est souvent à double-tranchant mais tuons le suspense dès à présent: nous sommes sur le bon versant de la colline.

    Pour les anciens, les 2 oeuvres nous renvoient au jeu Rick Dangerous et son sourire ravageur, armé de son pistolet, bravant pièges et autochtones agressifs.
    La compilation La-Mulana 1 & 2 en a l'essence indubitablement mais s’ouvre également à d’autres horizons. Elle tire ainsi son pedigree du genre 16 bits et de quelques références cinématographiques: un mix entre Indiana et son célèbre fouet, Samus Aran et Castlevania. Car oui cette compilation use des préceptes du metroidvania. Et pas qu’un peu!

    Entendez par là qu’il faut faire des allers-retours pour avancer dans l’aventure et que tout ce que vous voyez n’est pas forcément accessible d’entrée. Un objet ou un équipement sont à trouver (sans aucune information) pour pouvoir terrasser un boss ou accéder à une nouvelle zone. Rassurez-vous (un peu): les PNJ sont là pour vous aider en vendant de précieux objets afin de faciliter (toujours un peu) votre quête.

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    Oh la belle bleue!

    Une aventure différente pour chaque joueur


    Exploration non-linéaire, rencontres avec des personnages loufoques pour acheter des armes, pièges (on y reviendra!) mais surtout la mort potentielle à chaque tableau sont de la partie.
    Surtout lorsque les ennemis réapparaissent si on change de niveau et que le joueur fait demi-tour…ou qu’il a été expulsé dans une autre zone suite à un mauvais coup!

    Les opposants lâchent des orbes vertes remplissant une jauge en dessous de celle de la vie. Une fois remplie, c’est full life! Heureusement les sauvegardes permettent de rejouer certains passages hasardeux et les sources thermales requinquent également le personnage.

    Dans La-Mulana 1, le joueur incarne l’archéologue Lemeza et doit percer les mystères de La-Mulana (et il y en aura) afin de mettre la main sur le Trésor Secret de la Vie. Cela tombe bien car notre héros va trépasser un grand nombre de fois.

    Entre les créatures, les vils pièges, les boss gigantesques et les créatures indigènes, les sources de décès sont légions! On compte également une grande mortalité sur des petits manques d’appréciation dans les sauts qui ne peuvent pas être modifiés en cours de route et dans les coups de fouet, souvent trop courts. A l’ancienne et à la dure et, comme évoqué, sans concession.

    Un choix qui ne passera assurément pas pour tout le monde: certains pesteront contre une rigidité réelle mais désirée tandis que les autres arborent le spectre du old-school, le vrai, celui qui laisse le gamer se creuser les méninges tout en apprenant, en testant et en se trompant. 2 écoles pour 2 étendards, à vous de choisir votre camp.

    Dans le second épisode, une petite note féminine fait son apparition. Notre Lemeza a disparu et c’est sa fille qui part à sa recherche en pénétrant dans Eg-Lanan. Du polissage est au programme mais sensiblement, on fouette dans la même catégorie!

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    Graphiquement, le deuxième opus est plus abouti

    La mule à moi


    Chaque niveau est une invitation à découvrir un nouveau décor inspiré d'anciennes civilisations. Les développeurs proposent des énigmes au départ relativement simples et se jouant sur un seul tableau. En avançant, ces énigmes prennent de l’ampleur et deviennent plus difficiles.
    Bien évidemment La Mulana 2 améliore les mécanismes du premier opus. Comme dit son créateur, Takumi Naramuras, le second opus est l’occasion d’intégrer certains éléments. Et les superbes artworks seront en définitive le meilleur moyen de vous en convaincre!

    Côté réalisation, on aime ou pas le côté 16 bits et le pixel art. La nostalgie est bien présente cependant. Les musiques sont assez répétitives et dommage: le jeu n’est toujours pas traduit mais si on aime le genre, il représente bien l’hommage espéré.
    Le joueur peut également paramétrer les bandes car rappelons-le: le titre ne bénéficie pas du 16/9.

    Alors concrètement, cela s’adresse à qui comme public finalement? Si pour vous tout ce qui touche au rétro se mêle au vintage, autant avouer que non, cette compilation ne vous est pas destinée. Avec un côté indéniable “die and retry” où même un coup de vent semble vous indiquer la porte des enfers, il y a de quoi être effrayé par le défi qui vous attend.

    Surtout que des passages résisteront à votre matière grise en surchauffe et à votre skill affûté: cela pourrait avoir le don de hacher le rythme mais il n’en est rien. Les 2 oeuvres sont conçues comme cela et le tout est assumé. De plus, les notes d’humour sont bien présentes, comme quelques communications un brin barrées (notamment via votre e-mail d’aventurier!). De quoi faire passer la pilule d’une austérité frappante pour les plus jeunes d’entre nous.

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    Un ptit coup de fouet dans la *****

    Lemeza venture


    Sommes-nous limpides et peut-on crier au génie? Sur de nombreux aspects, c’est une certitude. En effet, le level-design ne trompe personne: c’est tout simplement génial! De quoi mettre une torgnole à d’autres concurrents peut-être plus doués techniquement mais bien trop sages dans leur élaboration.

    Ennemis meurtriers (et finalement pas si nombreux), plateformes vicieuses, pièges ou puzzles jonchent l’épopée. Et quelle épopée! Il faudra retenir (car comme expliqué, il faudra revenir), se souvenir, chercher et expérimenter en apprivoisant la vitesse et l’inertie particulières (singulières pour ceux qui seront totalement conquis) pour ne pas prendre raclée sur raclée.

    Et si nous grandissons dans l’échec, une petite rage montera en nous quand la plateforme sera un tantinet trop gourmande en précision, en prenant en compte que l’excuse d’erreur de collision ne fonctionne toutefois pas ici. Le fouet à tartasses sera un outil essentiel pour avancer en déclenchant certains mécanismes et il faudra résoudre des énigmes parfois bien tortueuses pour espérer dompter la bête. Sans parler de ces foutus pics qui viennent nous gâcher l’existence, se dévoilant au moment où notre garde est baissée parce que notre avatar est complètement paumé!

    Cela est rude mais c’est ce qui fait le sel de La-Mulana: les ingrédients sont connus mais la recette est délicieuse. D’accord, certaines idées sentent le déjà-vu mais il est rare de constater autant d’éléments qui se juxtaposent avec autant d’aisance et rien que pour cela, le coup d’oeil est conseillé.

    La mort se situe donc même dans les décors mais quand elle est si belle, difficile de lui en vouloir...enfin si un peu: saleté de barre de vie sifflée en quelques souffles!

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    Et un boss, un, ne pas mourir

     

    Lumisa trope


    Cela ne trompe jamais personne: l’ambiance est toujours dépendante de la Direction Artistique. Aucun doute! La technique qui ne casse pas forcément des briques (comme nous l’avons vu les amis!), c’est une certitude mais ce qui est entrepris dans La-Mulana l’est fait correctement. Des choix de couleurs au sound-design (à différencier de l’OST) en passant par les animations, simples sans être simplistes, tout est maîtrisé pour que l’exploration des ruines soit parfaitement retranscrite à l’écran.

    Cela fonctionne pour les vieux briscards et les nouveaux-venus peuvent y trouver leur compte...à condition d’accepter le prix (autour de 50 euros) qui peut sembler excessif pour une production qui n’est pas une nouveauté, d’autant plus que les soldes du Psn actuelles auront raison des moins intrépides qui hésitent à franchir le pas.

    Assurément, ce serait se priver d’un savoir-faire où la progression dispose d’une courbe fichtrement bien arrondie pour ne pas frustrer davantage l’explorateur qui se serait cassé les dents sur les débuts. En ce sens, en enchaînant les 2 jeux, il sera intéressant de constater à quel point vos progrès sont visibles car si améliorations il y a, l’essence et les punitions en cas d’imprécision(s) restent les mêmes!

    La question reste donc identique: l’underground est-il votre environnement? Si tel est votre credo, le chemin du périple vous attend. Dans le cas contraire, nul doute que vous ne regretterez pas d’avoir conservé vos deniers pour investir massivement dans le lot de tueries qui vous attendent ailleurs...

    Une compilation de 2 jeux pas comme les autres: une identité meurtrière de la banalité!

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    Le menu de La-Mulana, armes, objets, on retrouve tout ici

     

     




    Test La-Mulana 1 & 2 - 7 minutes de lecture