Note du test 7/10En conclusion :

Un note finalement à l’image de son sujet: paradoxale et barrée. S’il ne fallait que retranscrire notre feeling, nous aurions sorti un chouette 9 tant Toki reste intemporel, fun et génial. Un combo dévastateur soutenu par une refonte graphique et orchestrale de haute volée qui, en plus de retranscrire avec brio les bienfaits old-school, transcende son sujet de superbes atouts pour donner l’envie de s’y replonger. Un vrai moment d’histoire pour qui affirme son appartenance à la Pop Culture permettant de se souvenir des morsures délicieuses des années 90. Incroyable. Mais la réalité nous envahit et le seul réel défaut de Toki, c’est bien sa longévité digne d’une bourse de monnaie de singe. Difficilement concevable, le remaster souffre des stigmates d’un accouchement douloureux. Reste la curieuse découverte, en croisant les doigts pour que cette initiative se bonifie. Bubble Bobble n’attend que ça.

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Toki!
Les sensations de l’arcade
La redécouverte d’un ténor du genre
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    NoBloodyKnows


  • ps4

    Toki
    Editeur et Developpeur : Microids
    Genre : Action | Plates-formes
    Etat du jeu : Jeu disponible
    Date de sortie : 06 juin 2019
    Trophées : Oui
    Support


    Test Toki

    Publié le vendredi 14 juin 2019 à 21h18 par NoBloodyKnows - 676 / 0
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    La guerre...a changé. Plus question de redéfinir un genre pour le compte d’un constructeur. C’est une série sans fin d’idéaux technologiques dans lesquels se noient certains éditeurs et développeurs. La consommation du média vidéoludique est désormais une institution florissante, impliquant dlc, pay-to-win ou encore microtransactions. La guerre a changé. La technologie prend le pas en misant sur une HD qui se terre devant la 4K, elle-même craintive des prochaines évolutions même si peu d’entre nous possèdent le matériel adéquat. Une course high-tech qui sert parfois le propos en repoussant les limites de l’imagination, tout en molestant de temps en temps l’essence du jeu vidéo en se contentant d’être une vitrine tout aussi vide qu’éclairée. La guerre a changé. Tout est concordant: les IA de plus en plus performantes, des décors dont l’ampleur émerveille l’aventurier, des gamers de plus en plus connectés...des épiphénomènes devenant des mastodontes incontournables, ou tout du moins reconnaissables pour le grand public, des longévités encore insoupçonnables il y a encore quelques années. L’ère des salles obscures a laissé place à l’avènement des salons bien rangés et équipés selon son appartenance. Et celui qui dompte la communication contrôle le média. Lorsque la technique est sous contrôle total, la Haute Définition devient monnaie courante. La guerre a changé...

     

    Toki bat l’boa


    Sans sombrer dans le passéisme totalement hors de propos, il convient de préciser que Toki est un jeu d’un autre âge: celui de l’arcade. De vraies machines qui ont englouti nos francs à foison, ce qui nous rappelle que nous aussi sommes d’une autre époque. Et symbole ironique, la création du remake du jeu fut tout aussi difficile que le sujet.

    Toki, alias Juju au Japon, c’est avant tout une oeuvre qui mélange plateforme et run & gun complètement barré pour aboutir à du Die and Retry où beaucoup de séquences nécessitent d’être connues jusqu’au bout des pognes par l’intrépide. L’apprentissage est donc de mise, sans oublier le florilège d’insultes que vous déclinerez fatalement. Débarquant à l’origine en 1989 sur borne d’arcade sous l’égide de TAD Corporation, le jeu fut porté sur de multiples supports (Amiga, Commodore 64, Atari et même...Lynx!), mais les 2 versions les plus connues par le public des consoles restent le portage NES et surtout Mega Drive, qui s’éloignait beaucoup du jeu d’origine pour la nécessité de sa conversion.

    Le parcours proposé par SEGA ne sera pas à prendre en compte ici, notre objet du jour étant un calque du premier opus dont il est issu.

    Concrètement, la trame se veut suffisamment simple: la jolie Miho est enlevée par un duo maléfique et le brave costaud Toki, compagnon de la belle, est transformé en singe balourd et un peu gauche, capable de cracher des boules pour se défendre mais aussi de sauter sur la tronche de ses adversaires pour les mettre KO. Une histoire basique où il s’agit pour le héros d’aller chercher la princesse, le tout saupoudré d’un univers fou et fendard qui distille une farce qui fait mouche.

    Avant tout autre développement sur la volonté initiale, qui fait à la fois la grande force et, à notre grand dam, la faiblesse du remake, un point sur la résurrection du jeu est nécessaire.
    Annoncé en 2009 sous la houlette de Golgoth Studio, le jeu est passé par des tas d’états néfastes, jusqu’à frôler la mort cérébrale. Réanimé par l’éditeur Microïds, le soft a donc longtemps eu le qualificatif d’arlésienne et doit beaucoup à la ténacité de ses créateurs.

    Philippe Dessoly, illustrateur français au style bien caractéristique (on vous conseille d’ailleurs de faire un tour sur son site pour avoir un aperçu!), déjà à l’oeuvre sur les graphismes des portages Amiga et Atari du titre original et son compère concepteur Pierre Adane ont ainsi la force de sortir le produit, en dépit de la traversée du désert qu’il a connu. Un duo de choc, déjà à l’oeuvre sur le fabuleux Mr Nutz (si vous ne le connaissez pas...foncez!) avec le renfort du musicien Raphaël Gesqua, autre poids lourd du milieu.

    Une réunion de créateurs chevronnés pour un résultat explosif.

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    Mythique!!!

    Un taquet de Toki


    Avant d’évoquer le gameplay, attardons nous sur la forme. Bon sang que c’est beau! Entièrement dessinés à la main, les environnements et personnages sont tout bonnement sublimes et donnent un cachet unique et parfaitement adapté à l’humour cartoonesque de Toki. Les expressions sont rigolotes et les décors bénéficient d’un soin et d’une finesse fabuleux. En faisant le choix de s’éloigner de la charte graphique d’origine, le remake prend un risque qui sera forcément contesté mais qui, pour vos serviteurs du NBK, fait bien plus que rendre hommage au titre de 1989: il le sublime, tellement le visuel fusionne avec son sujet. Extraordinaire!
    Coloré, le jeu tient la dragée haute à des merveilles comme Cuphead, le dynamisme des animations en moins. Cela ne ternit en aucun cas le travail accompli qui nous aura bluffé plus d’une fois. Du grand art.

    Même constat pour la nouvelle orchestration. Le choix divisera peut-être les puristes. Il n’en est rien pour nous: percutante, l’OST du remake surpasse son aînée avec une facilité déconcertante et rassurante à la fois. Il suffit d’écouter Lake Neptune pour saisir à quel point le compositeur a compris l’exposé en apposant sa touche sans trahir les airs atypiques. Une claque sonore, qui bénéficie de bruitages hors norme pour nous servir un sound-design stratosphérique et toujours juste. Un véritable régal qui nous laisse pantois, rien que ça!

    Sur la conversion du cœur du jeu, le remake est très fidèle au premier-né, reprenant les 6 stages assortis de boss finaux qui mettront vos capacités à l’épreuve. En effet Toki reste difficile, symbole d’une époque où la durée de vie flirtait avec la capacité du jeu à vous mettre à genoux et vous obliger à remettre une pièce pour poursuivre, le tout en apprenant les schémas.

    Certes, l’aspect pataud et nonchalant de notre singe annonce la couleur: il s’agit bien plus de faire appel à votre sens de l’anticipation et gestion des espaces plutôt qu’à vos réflexes. Le jeu n’est pas vraiment rapide mais vous aurez vite la sensation que chaque membre du bestiaire, diversifié et loufoque, est plus véloce que notre avatar.

    A vous d’esquiver au meilleur moment, de tirer ou sauter selon la situation sur le mob qui vous fonce dessus, le tout en gardant un œil sur votre entourage qui vous est totalement hostile.

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    La victoire de l'humour!

    Les singes rient de Toki


    A l’instar de Belmont de Super Castlevania IV (dont nous vous parlerons un jour!), notre anthropoïde peut cracher des boules horizontalement, verticalement et de manière diagonale. A vous de voir s’il est parfois plus efficient de sauter en tirant ou s’approcher pour tirer de biais, surtout face aux boss de fin de niveau aux sprites géants, particulièrement résistants...à l’inverse de notre avatar.

    Sachez que dans Toki, une touche et bim, vous perdez une vie.

    Impitoyable, vos tentatives sont limitées et dès l’épuisement de celles-ci, vous serez obligés de recourir à vos crédits qui ne sont pas non plus infinis. Et dès que ce compteur sera à zéro, ce sera le game-over définitif. Vous recommencez au premier stage. Le choix de la difficulté influe sur le nombre de chances qui vous sont accordées mais soyons honnêtes: le jeu n’a clairement pas une durée satisfaisante pour se contenter de le boucler en mode facile. Pour respecter l’expérience, optez pour le mode normal voire difficile pour les vétérans.

    A l’ancienne, pas la peine de compter sur un système de save: lorsque vous démarrez une partie, c’est pour aller au bout. Bien sûr, vous chuterez plusieurs fois avant d’atteindre la fin mais l’apprentissage passe par là. En outre, certains endroits sont difficilement appréhendables au premier abord et il sera nécessaire d’apprendre certains passages par cœur tellement cela se joue “au pixel près”. Paradoxal car, comme énoncé plus haut, le rythme est loin d’être célère mais à vous de percuter rapidement pour jauger chaque situation. Vous aurez la chance d’avoir des checkpoints bien placés, il faudra toutefois suer pour les atteindre.

    Quelques bonus se dresseront sur votre route comme un casque protecteur (qui protège uniquement la tête) ou des tirs boostés mais chaque chose a un prix. Dans Toki, il n’y a pas de pitié et il n’est pas rare de voir pop un ennemi juste devant vous au moment où vous pensiez décrocher le graal ou alors de se creuser les méninges pour obtenir les rares items 1-Up disséminés.

    Un feeling d’antan qu’on éprouve avec plaisir en parcourant les niveaux.

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    Les séquences aquatiques restent agréables.

    Roxer Toki


    6. En tout et pour tout. Sans réel bonus. 6 niveaux. Comme en 1989.

    Le projet lors de son annonce était particulièrement ambitieux et le contenu devait être multiplié par 4. En témoigne la carte du monde qui semble dissimuler bien des niveaux que nous ne verrons probablement jamais. Affres du chaos lors de sa conception, le jeu se contente d’embellir la charmante expérience sans ajouts. Vous aurez bien la possibilité d’écouter les musiques initiales et leurs nouvelles montures et vous pourrez choisir entre le mode arcade, où le temps est limité et joue contre vous, et le mode speedrun qui porte bien son appellation. Rien de bien transcendant et il est dommage de ne pas pouvoir prolonger le délire.

    Car oui on pourrait nous rétorquer que le genre ne peut se juger sur la réelle durée de vie entre le début et la fin, et ce serait véridique. Il s’agit de recommencer, d’abord pour voir la fin, puis pour améliorer son score au fur et à mesure. Afin d’augmenter par la suite le niveau de difficulté jusqu’à triompher en challenge “très difficile” sans se faire toucher. Mais même en prenant tout cela en compte, on ne peut pas vous cacher qu’en perfect run, vous ne passerez pas plus de 20 minutes.

    C’est bien trop court d’autant plus que la concurrence s’est parfaitement organisée, de Limbo à Deadlight, et nous sommes loin du fantasme d’une aventure allongée. Nous comprenons les raisons sans omettre la désagréable sensation d’avoir affaire à un soft amputé, étrange alors qu’il retranscrit la totalité des premières versions.

    Il s’agit malheureusement d’un réel point noir car une fois les techniques pour empêcher les adversaires de s’exprimer, l’intérêt fond. Même les patterns des boss, qui ne montrent pas leur ensemble à chaque rencontre, ne surprennent plus et l’augmentation du niveau de difficulté ne fait réellement que booster la résistance des bestioles. Cela permet de changer notre approche, mais est-ce suffisant?

    Rétro ou dépassé, à vous de trancher.

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    Tout le monde vous en veut...et c'est ça qui est bon!

     

     

     

    En résumé


    Toki par Rating: 7 / 10


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