Hell Let Loose: Vietnam ne révolutionne clairement pas la formule du premier épisode. Graphiquement très proche de son prédécesseur, il donne même parfois l'impression d'être un énorme skin Vietnam posé sur Hell Let Loose. Mais est-ce vraiment un problème lorsque la formule fonctionne ? La jungle apporte une ambiance particulièrement réussie et une tension permanente, tandis que les véhicules et les différentes possibilités tactiques s'intègrent parfaitement à l'expérience. Surtout, le jeu conserve ce qui faisait déjà la force de son prédécesseur : un teamplay extrêmement poussé où chaque rôle a réellement son importance. Il faudra accepter son rythme, apprendre les différentes mécaniques et oublier ses habitudes de FPS classique. Mais si vous adhérez à cette philosophie de jeu, Hell Let Loose: Vietnam devient rapidement très kiffant.
Les plus
Les moins
Après nous avoir plongés au cœur de la Seconde Guerre mondiale avec le premier Hell Let Loose, la licence change cette fois totalement de décor et nous emmène au Vietnam. J'ai volontairement pris mon temps avant de sortir ce test afin de mieux appréhender un jeu qui ne se laisse pas forcément dompter en quelques minutes. Car derrière son apparence de FPS militaire se cache une expérience bien plus proche de la simulation que de l'action immédiate proposée par des licences comme Call of Duty ou Battlefield. Et autant vous prévenir : au Vietnam, la mort peut surgir à chaque tournant.
Une jungle qui ne pardonne rien
Le changement de conflit apporte forcément une nouvelle ambiance et, sur ce point, Hell Let Loose: Vietnam réussit plutôt bien son coup. La végétation dense donne parfois à la jungle un côté presque claustrophobe. On avance à tâtons, on observe, on écoute et on essaye surtout de comprendre ce qu'il se passe autour de nous avant de faire quelques mètres supplémentaires.
Car une embuscade peut être fatale en quelques secondes.
Le TTK reste très proche de celui du premier épisode et confirme la volonté de proposer une expérience réaliste. On meurt vite, parfois sans même avoir vu son adversaire. Il faut donc apprendre à visualiser le champ de bataille plutôt que de foncer vers l'objectif.
Dans ces conditions, jouer avec un casque prend tout son sens. Entendre la provenance des tirs, une explosion ou simplement comprendre que les combats se rapprochent peut fournir de précieuses informations.
Les sensations avec les armes sont également bonnes et renforcent cette impression de danger permanent.
Bienvenue au Vietnam !
Vietnam, mais pas vraiment une révolution
Si le changement d'époque fonctionne très bien pour l'ambiance, il faut néanmoins reconnaître que la différence avec le premier Hell Let Loose n'est pas énorme.
Graphiquement, l'évolution reste limitée. Les environnements changent radicalement, mais on retrouve immédiatement la patte du premier opus. À certains moments, j'ai même eu l'impression de jouer à une grosse déclinaison Vietnam plutôt qu'à une véritable évolution de la formule.
Ce n'est d'ailleurs pas le plus beau FPS du marché. Techniquement, il fait le job sans réellement impressionner.
En revanche, j'ai trouvé les performances meilleures que dans le premier épisode, ce qui est loin d'être négligeable pour profiter correctement de ces immenses champs de bataille.
Et le Vietnam permet tout de même d'apporter quelques jouets particulièrement intéressants : chars, bateaux, hélicoptères, napalm, tirs d'artillerie ou encore largages de ravitaillement participent pleinement à l'ambiance du conflit.
Le M16, l'arme de référence durant ce conflit
Ici, chacun a un boulot
Mais la véritable force de Hell Let Loose reste son teamplay.
Les cartes sont immenses et les joueurs sont répartis entre différentes escouades. Partir seul dans son coin est rarement une bonne idée. Chaque classe possède un véritable rôle et vient compléter les autres.
Je conseille d'ailleurs fortement de passer par les tutoriels. Ils permettent de comprendre ce que le jeu attend de vous selon la classe choisie, mais aussi de débloquer l'accès aux différents rôles.
Prenons le chef d'escouade. Il peut notamment poser des avant-postes afin de rapprocher les points de réapparition de la ligne de front. Une action qui paraît anodine sur le papier, mais qui peut complètement changer le déroulement d'une offensive en évitant à toute l'équipe de repartir à des kilomètres des combats.
Même chose pour les ressources. Munitions, explosifs, ravitaillements ou encore construction de nœuds : chaque joueur peut apporter quelque chose à l'effort collectif.
Et certaines possibilités sont franchement amusantes. Placer des tunnels pour préparer une attaque sur un point adverse apporte une vraie dimension tactique aux affrontements.
On peut même déplacer un allié blessé pour le mettre à l'abri avant de le soigner. Un petit détail qui prend tout son sens lorsque les balles commencent à siffler autour de vous.
L'ambiance est bien là
Communiquer pour gagner
Tout est finalement pensé autour de cette coopération.
La carte est découpée en secteurs identifiés par des lettres et des chiffres, comme D7, ce qui permet d'indiquer rapidement une position précise. On peut également placer des marqueurs et effectuer des pings afin de transmettre un maximum d'informations aux autres joueurs.
Et lorsque tout le monde commence réellement à jouer son rôle, une excellente synergie se met en place.
Il faut des ressources pour alimenter l'effort de guerre, des points de réapparition suffisamment proches pour maintenir la pression, des joueurs capables d'assurer le ravitaillement et d'autres chargés de faire progresser la ligne de front.
Pris séparément, certains rôles peuvent sembler secondaires. Ensemble, ils forment une véritable mécanique de guerre.
C'est probablement là que Hell Let Loose: Vietnam est le plus réussi.
Les virées en bateau, pas forcément la meilleure approche