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Test LEGO Batman : L'Héritage du Chevalier Noir

Publié le Jeudi 28 Mai 2026 à 21:02 par Fourcherman

En conclusion :

LEGO Batman : L’Héritage du Chevalier Noir est bien plus qu’un simple retour nostalgique. Porté par un gameplay inspiré de la série Arkham, une Gotham en briques parmi les plus belles jamais vues, une générosité de contenu communicative et un humour omniprésent qui ne se dément jamais, il s’impose sans peine comme le meilleur jeu LEGO à ce jour. Sur PS5, l’intégration DualSense renforce agréablement l’immersion, et le mode performance offre une expérience fluide et visuellement bluffante. Quelques bugs persistants et la gestion perfectible de la coop en écran partagé restent les points noirs d’un tableau globalement très positif. Pour les fans de Batman comme pour les familles, ce LEGO Batman est un immanquable de 2026.

Les plus

Une réalisation exceptionnelle
La noirceur de Batman avec l'humour LEGO
Une grande part des œuvres Batman réunies dans le jeu
Le gameplay mais surtout le système de combat digne de la trilogie Arkham
Fonctionnalités de la DualSense bien utilisées
La bande son au top
Moins de personnages jouables mais tous de qualité

Les moins

Certains vilains sous exploités




Il aura fallu quatre longues années d’attente. Après plusieurs années consacrées à Star Wars avec l’ambitieux LEGO Star Wars : La Saga Skywalker en 2022, TT Games revenait enfin à l’univers DC. Entre-temps, LEGO Horizon Adventures, sorti en novembre 2024, avait comblé le vide pour les fans des jeux LEGO, développé par Guerrilla Games et Studio Gobo, il ne portait pas vraiment l’ADN de TT Games mais proposé une expérience de jeu plaisante surtout pour les amateurs des jeux Horizon. Le retour du vrai Chevalier Noir en briques était attendu, espéré.

L’Héritage du Chevalier Noir commence là où tout commence : une ruelle sombre, deux coups de feu, et un enfant à genoux devant ses parents. Cette sombre nuit connue de tous les amateurs de Batman, TT Games la rejoue avec des briques et apporte une vision plus « légère » à l’événement majeur qui fera de Bruce Wayne un justicier. De là, l’aventure guide le joueur à travers les origines de Batman jusqu’à la constitution de la Bat-Family, piochant dans les films, les comics et les séries pour composer un récit total. Tout cela avec, dès les premières minutes, ce ton si particulier à la franchise : sombre dans ses thèmes, irrésistiblement drôle dans sa forme.

 

Une Gotham ouverte, une légende recomposée


Le jeu ne s’appuie pas sur un film en particulier et c’est d’ailleurs là que les développeurs font fort, très très fort ! Ils préfèrent recomposer la légende de la chauve-souris de A à Z, en piochant dans les comics, le cinéma, les séries, l’animation et les jeux vidéo. L’aventure débute avec l’entraînement de Bruce Wayne auprès de la Ligue des Ombres, puis suit la constitution progressive de la Bat-Family, Jim Gordon, Catwoman, Robin, Nightwing et Batgirl. Face à une galerie de méchants réunis pour faire tomber Gotham : le Joker, le Pingouin, Bane et bien d’autres. Ce best-of de la mythologie Batman fonctionne remarquablement bien, alternant clins d’œil savoureux pour les fans et accessibilité totale pour les nouveaux venus.


Des personnages tous réussis

Que serait un jeu vidéo LEGO sans son humour légendaire


C’est peut-être là que L’Héritage du Chevalier Noir réussit son pari le plus difficile : tenir ensemble la gravité d’un orphelin traumatisé et l’absurdité d’un monde en briques Lego. Si le jeu plonge parfois dans des délires purs (séquences de danse incongrues, poissons surgissant de nulle part) il est aussi souvent franchement drôle, puisant dans la mythologie Batman pour en souligner certaines incohérences. Robin lâche des piques sur le MCU qui exaspèrent Batman, Harvey Dent devient Double-Face après s’être pris des tartes à la crème en pleine figure, et le Joker de Jared Leto est traité comme une phase embarrassante dont personne ne veut parler.

TT Games a clairement relevé le curseur de l’humour britannique sur cet épisode, et l’écriture, acérée, provoque de vrais éclats de rire. Ce qui distingue ce comique du simple gag facile, c’est sa sincérité.


Batman, le seul et unique

Un gameplay renouvelé, inspiré des Arkham


C’est là que le changement est le plus audacieux. Legacy of the Dark Knight (en anglais ça le fait bien aussi) joue comme une version allégée, mais toujours engageante, de la série Arkham de Rocksteady, et cette parenté lui fait beaucoup de bien. Enchaîner les attaques, esquiver, lancer des Batarangs en plein combo et déclencher des prises environnementales : tout cela s’avère fluide, sans exiger une précision chirurgicale.

Les combats de boss sont un régal, et les finishs rappellent brillamment pourquoi Batman est une icône. Mais c’est la furtivité qui constitue la vraie bonne surprise : se laisser tomber depuis un point en hauteur, distraire les ennemis, se fondre dans l’ombre, ces mécaniques confèrent au gameplay un rythme tactique bienvenu.


Plusieurs possibilités s'offrent aux joueurs pour explorer le monde ouvert

Un roster reserré, des personnages profonds


Là où les LEGO précédents offraient des centaines de personnages débloquables, Legacy of the Dark Knight restreint volontairement son roster à sept protagonistes : Batman, Jim Gordon, Catwoman, Robin, Batgirl, Nightwing et Talia al Ghul.

Chaque personnage possède ses propres gadgets, arbre de progression, combos et capacités distinctes. Batman est naturellement le plus polyvalent, Batarang, Batclaw, Gel Explosif et dispose de la vision du détective en modes rayons X, UV et thermique pour débusquer ennemis et secrets. Gordon joue le soutien avec son lance-mousse capable de geler les ennemis, de bloquer des engrenages et de colmater des fuites d’eau, tandis que Catwoman déploie ses félins télécommandés pour désorganiser les plans ennemis et utilise son fouet pour atteindre des cibles à distance. Talia al Ghul, elle, fait son apparition complète au chapitre 5 : ses fléchettes soporifiques endorment les ennemis silencieusement, et son Ninja Dash lui permet de se téléporter sur de courtes distances, franchissant des obstacles inaccessibles aux autres.

Ce choix qualitatif plutôt que quantitatif paie pleinement, et le directeur du développement Jonathan Smith l’a parfaitement résumé : « Nous emmenons ces personnages dans un voyage. Vous les upgradez constamment, vous débloquez de nouvelles compétences, et nous voulions que chacun ait une personnalité et des capacités vraiment distinctes. »


La classe quand même

 

Une Gotham à explorer, des secrets à dénicher


Gotham est découpée en quatre îles regorgeant de lieux iconiques : Ace Chemicals, les Jardins Botaniques, Wayne Tower et l’Asile Arkham. La ville n’est pas qu’un décor de transit : c’est un terrain de jeu généreux, truffé de contenus secondaires. Chaque chapitre cache ses propres collectibles thématiques, des têtes de chat dans les niveaux liés au Mime, des canards en plastique dans ceux du Pingouin, ou encore des plantes carnivores dans la mission de Poison Ivy aux Jardins Botaniques.
Les Caches WayneTech, disséminées dès l’ouverture du monde, sont à prioriser : elles débloquent les upgrades de personnages, et les Briques Rouges offrent des modificateurs de gameplay souvent hilarants.

Batgirl s’avère indispensable pour la chasse aux collectibles, sa capacité à déverrouiller les tours radio révélant des pans entiers de la carte. Bat-Mite, fan éperdu du Chevalier Noir reconverti en commerçant, tient une boutique où dépenser les briques accumulées, l’une des trouvées les plus savoureuses du jeu. Une fois la trame principale bouclée, l’aventure est loin d’être terminée : missions secondaires restantes, collectibles manquants et replay de chaque chapitre depuis le Batcomputer garantissent des dizaines d’heures supplémentaires pour viser le 100 %


Le jeu est magnifique

Un musée du Batman, de Burton à Reeves


C’est là que L’Héritage du Chevalier Noir touche à quelque chose de vraiment unique. Les six chapitres du jeu se lisent comme autant d’hommages : Tim Burton en 1989, Batman Returns, Batman & Robin, et au sommet, une poursuite de camion halétante face au Joker de Heath Ledger. La scène d’origine du Joker, tournée à Ace Chemicals, recrée fidèlement la confrontation du 1989, jusqu’à la réplique culte de Nicholson « Have you ever danced with the devil in the pale moonlight ? » avant que le Red Hood ne tombe dans les produits chimiques en riant.

Plus loin, la rencontre avec Carmine Falcone devant l’Iceberg Lounge évoque clairement The Batman de Matt Reeves, avec un Pingouin qui fusionne progressivement les versions Farrell et DeVito. Sur le front des méchants, le tableau est impressionnant : la galerie des vilains comprend le Joker, le Pingouin, Poison Ivy, Mr. Freeze, l’Épouvantail, Deathstroke, Solomon Grundy, Black Mask et bien d’autres, même si certains n’apparaissent que le temps d’un caméo. La majorité sont pleinement doublés, avec un Matt Berry en Bane absolument mémorable, et des enregistrements d’archives d’Adam West et Kevin Conroy utilisés comme hommages poignants à leurs contributions essentielles à la légende du Chevalier Noir. On regrettera néanmoins que certains grands noms, Bane, Poison Ivy, semblent expropriés trop vite au regard de leur importance dans la mythologie. Une frustration mineure dans un tableau d’ensemble qui reste exceptionnel.
 


Quelques ennemis plus coriaces

La PS5 et le DualSense au service de l’immersion

Sur PlayStation 5, le titre profite d’un soin particulier. Le DualSense ajoute une couche de présence discrète mais efficace : on entend le claquement tactile des briques LEGO dans le haut-parleur de la manette lors des constructions, et les communications de la GCPD y transitent également. Sur le plan technique, deux modes sont disponibles. Le mode performance reste spectaculaire visuellement malgré le sacrifice du 4K, et il est difficile de lui résister. Gotham City en briques est tout bonnement superbe, quelle que soit l’option choisie, et représente la plus belle réalisation graphique jamais produite par TT Games.
Finissons par évoquer la coopération en local qui fait son retour. Un second joueur peut rejoindre la partie à n’importe quel moment, avec un écran partagé s’adaptant dynamiquement aux déplacements des deux protagonistes dans Gotham. On retrouve instantanément cette énergie chaotique et joyeuse propre aux LEGO d’antan.