Avec Resonance: A Plague Tale Legacy, Asobo Studio ne se contente pas de revenir dans un univers qui lui réussit si bien. Le studio bordelais parvient à élargir son horizon, à enrichir son lore et surtout à donner une véritable épaisseur à Sophia, qui trouve ici toute la place nécessaire pour raconter son histoire. Plus aventureux que ses prédécesseurs, Resonance pioche avec intelligence dans les codes des grands jeux d'action-aventure sans jamais perdre l'identité de A Plague Tale. Exploration, énigmes, combats et narration s'entremêlent dans une aventure qui ne cesse de monter en puissance au fil de ses treize chapitres. Et plus on avance, plus il devient difficile de lâcher la manette. On retiendra évidemment la magnifique île du Minotaure, les jeux de lumière, les architectures monumentales, les passages entre passé et présent et cette formidable sensation de découverte. Mais on retiendra surtout Sophia, terriblement attachante, et son long périple à la recherche de ses origines. Et puis il y a cette bande originale. Olivier Derivière signe une nouvelle fois un travail remarquable, mais surtout différent, avec cette identité méditerranéenne et organique qui accompagne à merveille le voyage. Certains morceaux donnent littéralement la chair de poule. Tout n'est pas irréprochable. Quelques problèmes de lisibilité des environnements peuvent provoquer des morts évitables et certaines mécaniques de combat restent assez classiques dans leurs fondations. Des défauts qui pèsent finalement bien peu face à tout ce que l'aventure réussit. Resonance: A Plague Tale Legacy est une préquelle comme on aimerait en voir plus souvent : elle ne cherche pas simplement à combler les trous laissés par les épisodes précédents, elle apporte quelque chose à leur univers. Une aventure magnifique, généreuse, prenante et parfois surprenante, portée par une héroïne que l'on pensait connaître et que l'on redécouvre complètement. Sophia cherchait des réponses sur son passé. No
Les plus
Les moins
Après avoir marqué les esprits avec A Plague Tale: Innocence en 2019 puis confirmé tout son talent avec A Plague Tale: Requiem en 2022, le studio bordelais Asobo Studio n'en a visiblement pas terminé avec son univers. Mais plutôt que de prolonger directement l'histoire bouleversante d'Amicia et Hugo de Rune, le studio a choisi de remonter le temps et de s'intéresser à un personnage que les joueurs de Requiem connaissent bien : Sophia.
Quinze ans avant les événements de Requiem, celle qui deviendra la capitaine respectée du Rascasse n'est encore qu'une jeune pillarde en quête de réponses sur ses origines. Une quête qui va la conduire jusqu'à une mystérieuse île grecque, vers laquelle elle semble inexplicablement attirée. Pourquoi cet endroit ? Que signifient ces visions qui la hantent ? Et pourquoi Thésée apparaît-il dans ses songes ?
Avec Resonance: A Plague Tale Legacy, Asobo Studio lève le voile sur une partie du passé de Sophia tout en enrichissant considérablement le lore de sa saga. Une aventure différente des précédentes, plus tournée vers l'exploration, les énigmes et l'action, mais dans laquelle on retrouve immédiatement cette identité si particulière qui a fait le succès de A Plague Tale.
Sur les traces de Sophia
Sophia était déjà l'une des très bonnes surprises de Requiem. Charismatique, indépendante et immédiatement attachante, la capitaine du Rascasse avait accueilli Amicia et Hugo à bord de son navire avant de se retrouver entraînée dans leur lutte contre la Macula. Une aventure qui avait également réveillé chez elle les fantômes d'un passé qu'elle semblait avoir soigneusement enfoui.
C'est précisément ce passé que Resonance nous propose de découvrir.
Asobo prend alors son temps pour construire son héroïne. On découvre une Sophia plus jeune, ses doutes, son caractère, ses blessures, mais également ce qui va progressivement façonner la femme que nous connaissons dans Requiem. Et il est difficile de ne pas s'attacher à elle au fil de ce long et éprouvant périple l’amenant à l'île du Minotaure et son étrange attraction.
Le scénario sait surtout parfaitement distiller ses révélations. Chaque chapitre apporte sa découverte, son nouvel élément ou sa surprise et donne constamment envie d'aller voir un peu plus loin. Le jeu jongle également intelligemment entre présent et passé, permettant parfois de découvrir les mêmes lieux à différentes époques. Au-delà de l'intérêt narratif, ces passages participent énormément à la fascination exercée par l'île et à cette impression permanente de marcher sur les traces d'une histoire qui nous dépasse.
Sans entrer davantage dans les détails, Resonance répond aux questions qu'il pose et apporte de nouvelles pièces au gigantesque puzzle de l'univers A Plague Tale.
On vous présente Sophian notre Héroïne
Comme un parfum d'aventure
Dans sa construction, Resonance rappelle parfois les grandes aventures d'exploration et d'action qui ont marqué ces dernières années : un soupçon d'Uncharted, quelques accents de Tomb Raider et même, par moments, cette manière très PlayStation de mélanger narration, contemplation, exploration et affrontements.
Mais la comparaison s'arrête heureusement là.
Car derrière ces inspirations évidentes, Asobo conserve l'ADN de A Plague Tale. Cette ambiance pesante, cette vulnérabilité permanente du personnage, cette façon de faire alterner les grands espaces lumineux avec des environnements étroits et oppressants… Resonance possède sa propre personnalité.
Et cette dualité entre l'ombre et la lumière accompagne constamment l'aventure.
Là où Amicia et Hugo nous avaient essentiellement fait parcourir la France, Sophia nous emmène cette fois sous le soleil méditerranéen, entre décors grecs et italiens avec notamment un passage par Venise. Le changement de décor fait énormément de bien à la licence.
L'île du Minotaure constitue évidemment la pièce maîtresse de cette nouvelle aventure. Asobo a réalisé un travail remarquable sur sa modélisation. Son architecture monumentale, son labyrinthe, ses gigantesques salles abritant parfois d'impressionnants mécanismes imbriqués contrastent avec des passages beaucoup plus claustrophobes où l'espace semble soudain manquer.
Les panoramas sont superbes et les décors lointains fourmillent de détails. La lumière joue également un rôle essentiel dans la composition des scènes et participe à donner à certains environnements une véritable dimension de tableau.
Ajoutez à cela un character design particulièrement réussi et une mise en scène toujours aussi maîtrisée et Resonance sait régulièrement nous arrêter quelques secondes simplement pour admirer ce qui nous entoure. Le mode photo trouve naturellement tout son intérêt.
Bienvenue sur l'île du minotaure
La Méditerranée dans les oreilles
Impossible de parler de la réalisation de Resonance sans s'arrêter sur sa bande originale.
Olivier Derivière est une nouvelle fois aux commandes et livre une partition absolument magnifique. Mais plutôt que de simplement reproduire l'identité musicale des deux précédents épisodes, le compositeur accompagne le changement de décor avec une musique beaucoup plus organique et profondément méditerranéenne.
Le dialecte chypriote grec interprété par Vasiliki Anastasiou et l'Amalgamation Choir, un chœur composé de quinze femmes, se mêle notamment au violoncelle, au bouzouki, au rebab ou encore au tambour yayl?.
Le résultat donne une identité sonore extrêmement forte à l'aventure.
Certains thèmes accompagnent les scènes avec une telle justesse qu'ils donnent littéralement la chair de poule. La musique ne se contente jamais d'habiller l'action : elle accompagne Sophia, souligne ses découvertes et participe pleinement à l'émotion du voyage.
La version française est elle aussi d'excellente qualité et contribue énormément à l'attachement que l'on développe pour les personnages.
Le jeu est splendide
Le carnet, la sphère et les mystères du Minotaure
Resonance accorde une place importante aux énigmes. Dans leur fonctionnement, celles-ci restent généralement assez classiques, mais elles sont suffisamment variées et surtout intelligemment intégrées aux environnements pour ne jamais donner l'impression d'être posées là artificiellement.
Sophia possède pour cela un outil particulièrement intéressant : son carnet.
Elle y reproduit les éléments aperçus dans ses cauchemars, mais également les indices découverts durant son aventure. Accessible rapidement, celui-ci devient un véritable compagnon de voyage et permet régulièrement de remettre les différentes pièces d'un puzzle dans le bon ordre.
Le jeu évite également de transformer ses énigmes en murs infranchissables. On réfléchit, on observe, on expérimente, mais on reste rarement bloqué très longtemps. Et pour ceux qui le souhaitent, différentes aides permettent d'obtenir une orientation supplémentaire.
Mais l'une des véritables pierres angulaires du gameplay reste cette mystérieuse sphère volée par Sophia.
Et sur ce point, mieux vaut en dire le moins possible.
Asobo construit progressivement une partie de ses mécaniques autour de cet objet et découvrir son véritable potentiel fait partie intégrante du plaisir de l'aventure.
Sophia doit déjouer les pièges de l'île
Sophia sait aussi se battre
Si l'exploration et les énigmes occupent une place importante, Sophia n'est pas Amicia et son tempérament se ressent également dans les affrontements.
Le système de combat repose sur des bases relativement classiques : attaques rapides ou concentrées, esquives, coups de pied permettant de briser certaines défenses, attaques pouvant être parées ou au contraire impossibles à bloquer et parade parfaite pour les joueurs les plus précis.
Sophia peut également utiliser son environnement. Un poignard récupéré au sol ou une amphore peuvent par exemple offrir quelques précieuses secondes face à un adversaire.
Son grappin est lui aussi particulièrement polyvalent. Il permet naturellement d'ouvrir certains passages ou d'atteindre des zones escarpées, mais devient également une arme à part entière en combat. Sophia peut attirer un adversaire vers elle, le déséquilibrer ou, avec un peu d'opportunisme, lui faire découvrir le vide beaucoup plus rapidement que prévu.
Au début de l'aventure, les affrontements semblent presque passer au second plan. Mais à mesure que le scénario monte en puissance, les combats suivent exactement la même trajectoire. Ils deviennent plus intenses, plus intéressants et réservent eux aussi quelques surprises que l'on se gardera bien de dévoiler.
C'est probablement l'une des qualités de Resonance : son gameplay évolue avec son récit.
Qui s'y frotte, s'y pique
Trouver son propre style
Sophia dispose de trois segments de vie et récupère de la santé en éliminant ses adversaires, ce qui pousse naturellement à ne pas rester constamment sur la défensive. Quelques exécutions particulièrement efficaces viennent également ponctuer les combats.
Un arbre de compétences permet de dépenser les points de Résonance récupérés durant l'aventure. Certaines améliorations changent réellement la donne et deviennent presque indispensables lorsque les affrontements commencent à sérieusement se corser.
Mais Asobo va un peu plus loin avec les différentes lames que Sophia peut découvrir, souvent en prenant le temps de quitter légèrement le chemin principal.
Chaque arme possède ses propres avantages et permet d'orienter sa manière de combattre, avec par exemple des effets de saignement prolongé. Des charmes viennent compléter l'ensemble en offrant différents bonus, comme la possibilité d'éviter une flèche.
Bonne idée également : après une mort, le jeu permet de revoir son équipement, de changer de lame et de réorganiser certains bonus avant de repartir au combat. De quoi éviter de s'acharner avec une configuration qui ne correspond tout simplement pas à la situation.
La prise en main fonctionne très bien et l'utilisation de R3 pour franchir certains obstacles, lancer des objets ou déclencher différentes actions se montre étonnamment naturelle après quelques minutes.
Tout n'est cependant pas parfait. Certains environnements manquent parfois légèrement de lisibilité. Un ravin mal interprété ou une zone d'eau que l'on pensait praticable peuvent conduire Sophia à une mort un peu frustrante. Rien de réellement problématique, mais suffisamment récurrent pour être remarqué.
Le jeu nous offre de splendides panoramas
Une aventure généreuse
Avec ses treize chapitres, Resonance nous aura demandé une douzaine d'heures pour atteindre la fin en difficulté normale. Les joueurs souhaitant explorer chaque recoin de l'île et récupérer l'ensemble des collectibles pourront facilement ajouter trois à quatre heures supplémentaires. Cinq niveaux de difficulté sont proposés et Asobo accompagne l'ensemble de nombreuses options d'accessibilité permettant d'adapter l'expérience à un maximum de joueurs. Sur PlayStation 5 Pro, le jeu propose les traditionnels modes Qualité et Performance, auxquels vient s'ajouter la possibilité d'activer le PSSR. Quelle que soit l'option choisie, la direction artistique et la richesse des environnements restent les véritables vedettes du spectacle.
Des phases plus anxiogènes sont de la partie