Tribute Games parvient à nous proposer une aventure de qualité dans l'univers de Scott Pilgrim. La progression non linéaire insuffle un vent de fraicheur sur le genre Beat'em Up, la direction artistique en pixel art est une franche réussite et colle parfaitement à l'univers imaginée par Bryan Lee O’Malley. Malgré quelques défauts, notamment en matière de lisibilité, le titre s’impose comme une expérience solide sur PS5, capable de séduire aussi bien les fans de longue date que les nouveaux joueurs.
Les plus
Les moins
Scott Pilgrim EX vient de sortir en début de ce mois de mars. Le jeu est développé par l'équipe talentueuse de Tribute Games, spécialisée dans les Beat'em Up, nous pouvons citer les sorties récentes de Marvel Cosmic Invasion ainsi que TMNT Shredder's Revenge. Deux titres franchement réussis dans le genre. Ici les développeurs s'attaquent à une licence célèbre de la BD, Scott Pilgrim ! C'est parti pour une aventure pleine de rebondissements et de failles temporelles !
Une licence culte entre BD, cinéma et jeu vidéo
La licence Scott Pilgrim, imaginée par Bryan Lee O’Malley, s’est imposée comme un phénomène culturel dès le milieu des années 2000. À travers ses romans graphiques, l’auteur mêle comédie romantique, références vidéoludiques et esthétique manga pour raconter les aventures de Scott, jeune musicien contraint d’affronter les ex maléfiques de Ramona Flowers. Le succès de la licence a rapidement ouvert la voie à des adaptations, notamment le film Scott Pilgrim vs. the World réalisé par Edgar Wright, ainsi que le jeu culte Scott Pilgrim vs. The World: The Game. Plus récemment, la série Scott Pilgrim Takes Off a ravivé l’intérêt pour cet univers, préparant le terrain pour un retour vidéoludique ambitieux.
On retrouve les personnages emblématiques de la licence
Scott Pilgrim EX : une aventure inédite autour de la musique
Avec Scott Pilgrim EX, Tribute Games propose une véritable suite spirituelle qui s’éloigne du simple affrontement des ex maléfiques pour construire une intrigue inédite.
L’histoire prend place dans une version instable de Toronto, fragmentée par des anomalies dimensionnelles. Très vite, Scott et ses alliés découvrent qu’un mystérieux phénomène menace l’équilibre même de la réalité. La clé de cette crise repose sur un artefact musical ancien, dont les fragments, instruments et partitions, ont été dispersés à travers différentes zones de la ville et au-delà.
Chaque zone explorée correspond ainsi à une étape de cette quête : retrouver des instruments mythiques, reconstituer des partitions perdues et affronter les factions qui les convoitent. Ces éléments ne sont pas de simples prétextes narratifs : ils s’intègrent directement au gameplay, débloquant de nouvelles capacités, modifiant les affrontements et renforçant la progression des personnages.
La narration conserve le ton caractéristique de la licence, alternant dialogues humoristiques, situations absurdes et moments plus posés entre les personnages. Plusieurs figures emblématiques de l’univers font leur retour, avec des interactions inédites qui enrichissent l’ensemble et donnent une vraie cohérence à cette nouvelle aventure.
Petit coup de pied retourné
Gameplay : richesse, progression et personnalisation
Le cœur du jeu repose sur un beat’em up accessible mais étonnamment riche. Plusieurs personnages jouables sont disponibles : Scott, Ramona et d’autres figures bien connues de l’univers, chacun disposant de styles de combat, capacités spéciales et statistiques distinctes. Ce choix a un réel impact sur la manière d’aborder les affrontements et favorise la coopération jusqu’à quatre joueurs.
La progression passe par un système d’expérience, d’améliorations de compétences et d’équipements. Les joueurs peuvent également acheter des consommables (nourriture, bonus temporaires, objets divers) dans des boutiques disséminées dans les niveaux, ajoutant une dimension presque RPG à l’ensemble. Ces éléments permettent de renforcer son personnage, d’augmenter ses statistiques ou de débloquer de nouvelles aptitudes, apportant une vraie boucle de progression.
La variété des ennemis constitue un autre point fort : entre punks, créatures étranges, robots et références directes à la licence, le bestiaire se renouvelle suffisamment pour maintenir l’intérêt, même si certains types d’ennemis reviennent plus fréquemment sur la durée.
La DA pixel art est particulièremment réussie
Une direction artistique toujours aussi marquante
Visuellement, Scott Pilgrim EX reste fidèle au pixel art emblématique de la série, mais avec un niveau de détail et d’animation nettement supérieur. Les environnements sont plus vivants, les effets visuels plus nombreux et les combats particulièrement dynamiques.
La bande-son, toujours assurée par Anamanaguchi, accompagne efficacement l’action et renforce l’identité rétro-modernisée du titre.
Malgré ses nombreuses qualités, le jeu n’est pas exempt de défauts. Le principal reproche concerne la lisibilité de l’action, notamment en coopération. Lorsque plusieurs joueurs, ennemis et effets visuels se superposent à l’écran, il devient parfois difficile de distinguer clairement son personnage ou d’anticiper certaines attaques.
Cette surcharge visuelle peut entraîner des situations frustrantes, en particulier dans les combats les plus avancés ou face à certains boss. Ce problème est accentué par la richesse des animations et des effets, qui, bien que spectaculaires, nuisent ponctuellement à la clarté globale.
On peut également relever un certain déséquilibre dans la progression, selon les personnages ou les améliorations choisies, qui peut rendre l’expérience inégale.
Scott Pilgrim EX réussit globalement son pari : proposer une expérience fidèle à l’esprit du jeu original tout en intégrant des mécaniques modernes. Sa structure plus ouverte, son système de progression et sa richesse de gameplay en font une évolution notable du beat’em up classique.
A plusieurs c'est possible aussi