Resident Evil Requiem est un épisode mature, sombre et réfléchi. Sur PS5 Pro, il atteint un niveau d’immersion remarquable et prouve que la saga peut encore évoluer sans se trahir. Il mérite de franchir la barre symbolique des 9. Parce qu’il n’essaie pas de faire plus de bruit que les autres. Parce qu’il ose ralentir. Parce qu’il comprend que la peur durable naît de la tension, pas du spectacle. Ce n’est pas un épisode parfait. C’est un épisode fort. Et parfois, la force compte plus que la perfection.
Les plus
Les moins
Il aura fallu attendre trois longues années depuis le remake de Resident Evil 4 pour replonger dans l’univers culte du survival horror signé Capcom.
Avec Resident Evil Requiem, le studio ne livre pas un simple nouvel épisode, ill orchestre une véritable descente dans la peur viscérale. Plus introspectif, plus sombre, ce volet, particulièrement impressionnant sur PS5 Pro, marque un tournant narratif fort et pourrait bien devenir l’un des chapitres les plus marquants de la saga.
En bref et déjà à ce stade : Capcom ne ressuscite pas l’horreur : il la sublime.
Un nouvel arc narratif
L’histoire prend place en octobre 2026, cinq ans après les événements de Resident Evil Village et la conclusion de l’arc Ethan Winters.
On incarne tour à tour Grace Ashcroft, jeune analyste du FBI encore marquée par un drame personnel, et l’inusable Leon S. Kennedy.
Des morts mystérieuses sont signalées dans le Midwest. L’un des derniers crimes a été commis dans un hôtel abandonné, lieu chargé de souvenirs pour Grace : sa mère y a trouvé la mort huit ans plus tôt. Dépêchée sur place pour enquêter, elle ignore encore que Leon est également dans la région.
La rencontre de ces deux trajectoires marque le point de départ d’un récit maîtrisé, plus psychologique que spectaculaire.
Les premiers pas de Grace dans l'aventure
Une horreur plus mentale que démonstrative
Sans spoiler, Requiem adopte une approche plus introspective que ses prédécesseurs. Les personnages sont plus fragiles, moins héroïques. Le scénario explore la culpabilité, la mémoire et les conséquences. On reproche juste un manque de clarté sur certains éléments du scénario mais une suite ou une extension peuvent combler cette lacune.
Ici, l’horreur ne repose pas uniquement sur le jumpscare. Elle est insidieuse. Rampante.
Les environnements alternent entre espaces confinés et zones plus ouvertes, mais toujours oppressantes. L’ambiance sonore est exceptionnelle : craquements lointains, respirations étouffées, silences pesants.
Avec Grace, le son devient un outil de gameplay. Tester une poignée de porte suffit à provoquer une réaction derrière. Le simple bruit d’un pas peut trahir votre présence.
Chaque couloir devient une épreuve.
Leon a toujours la classe
Deux personnages, deux philosophies
Sur environ quinze heures de jeu, Capcom nous fait alterner entre Grace et Leon. Et le contraste est remarquable.
Grace, la vulnérabilité incarnée
Grace est inexpérimentée. Elle tremble, retient sa respiration, trébuche sous le stress. Sa fragilité est palpable.
Les ressources sont rares. L’inventaire est limité (extensible via des sacoches). Les munitions ne pleuvent pas. Les soins se font précieux.
Nouvelle mécanique intéressante : le sang laissé par les ennemis peut être récolté. Cette ressource permet de fabriquer divers éléments… dont des injecteurs spéciaux capables d’annihiler définitivement un mort-vivant dans une explosion de chair et de sang.
Une excellente idée, qui renforce la tension stratégique.
Leon, l’expérience et la puissance maîtrisée
À 51 ans, Leon n’en est plus à sa première apocalypse.
Son arsenal est plus conséquent, son inventaire généreux. Les armes sont améliorables (puissance, cadence, stabilité, précision, capacité).
La hache remplace son couteau, avec une jauge de durabilité à surveiller. Un passage de pierre à affûter la requinque instantanément.
Avec lui, les affrontements sont plus directs, plus physiques. Mais chaque ennemi reste une menace crédible. Mais, les finish him et autres éléments à utiliser sur les zombies sont grisants. On peut enfin utiliser la tronçonneuse !
Le jeu ne bascule jamais dans l’action pure : il conserve une tension constante.
Nos deux comparses ont également accés au crafting habituel de la franchise. Il est beaucoup plus poussé pour Grace.
Le bestiaire a fait l'objet d'une présentation quelques semaines avant la sortie. Nos chers sacs de viande avariée de déambulent plus sans but. Ils gardent des bribes de leur vie avant trépas. Une femme de ménage qui astique le sang, un homme s'amusant à éteindre les lumières, ces comportements attisent l’angoisse. Des ennemis nous renvoient à d’autres jeux du genre mais à vous de les découvrir.
Avec Grace, chaque balle compte !
PS5 Pro : la version ultime ?
Sur PS5 Pro, le rendu est impressionnant. Ray tracing stable, haute résolution, fluidité exemplaire. Tout est un régal visuel.
Les effets de lumière subliment l’atmosphère. Les ombres dynamiques transforment certains couloirs en véritables gouffres d’angoisse. Une séquence où Grace avance à la lueur d’un briquet dans un corridor plongé dans l’obscurité reste gravée.
La mise en scène, très cinématographique, regorge de détails : panoramas, intertitres élégants, travail sur les visages et les animations capillaires.
La version française renforce encore l’immersion, avec un casting solide et un thème musical de salle de repos déjà mémorable.
Casque audio fortement recommandé.
Les quelques failles
On note quelques bugs graphiques ponctuels sur certaines textures sur PS5 Pro (probablement liés au PSSR) ou encore les lanières qui restent droite.
On pourra aussi regretter une légère répétition dans certains modèles d’ennemis.
Rien de rédhibitoire, mais surement corrigés dans les prochaines mises à jour.
Pour terminer, le mode Photo manque cruellement.
Le jeu est magnifique