​Version Éditeur

Test de 11-11 : Memories Retold

11-11 : Memories Retold est le nouveau bébé des studios de jeux vidéos DigixArt et d'animation Aardman (Chicken Run, Souris City, …). Yoan Fanise est le Creative Director du jeu et a auparavant officié sur Soldats inconnus : mémoires de la Grande guerre, tiens donc. Cette nouvelle réalisation est-elle aussi réussie ? Réponse dans ce test.


Deux héros, sinon rien

11-11 : Memories Retold nous propose de suivre deux personnages. Le premier est Harry, un jeune passionné de photos qui travaille dans l'atelier de Mr Taylor à Toronto. Il est éperdument amoureux de sa fille. Pour épater sa donzelle, il décide de suivre le major Barrett sur le front de l'Ouest en Europe.
Le second est Kurt, un père de deux enfants et technicien allemand qui travaille dans une usine de zeppelins. Il apprend que son fils aîné, Max est porté disparu sur le front. Kurt s'enrôle immédiatement pour tenter de retrouver son fils.
Au fil de leur aventure respective décrivant les horreurs de la guerre mais également d'autres thèmes comme l'amitié, nos deux acolytes se croisent et nouent des liens.
 


Le No Man's Land.


Une histoire qui prend aux tripes

La narration est au cœur de cette histoire. Elle se traduit au travers de la correspondance de chaque personnage, Harry avec sa bien aimée à qui il envoie des clichés pris sur le front, et Kurt échangeant avec sa femme et s'adressant également à sa jeune fille. Plusieurs choix sont proposés dans l'écriture de ses lettres en fonction des événements passés. Chaque passage de séquence (et chargements du jeu) est également l'occasion de profiter de cette excellente narration.
En alternant entre Kurt et Harry, ils ont le droit à quelques énigmes et actions à réaliser mais la difficulté n'est jamais très élevée. On a avant tout affaire à un récit qui offre différentes fins selon les choix que l'on fait. Lors des moments en commun, ils doivent unir leurs forces pour aller de l'avant.
D'autres personnages surprises sont également jouables mais à vous de les découvrir.

Harry parle anglais et Kurt, allemand, la barrière de la langue est mise en avant dans le jeu. Les sous-titres en rouge indiquent que l'autre ne comprend pas ce qui est dit. C'est un thème peu exploiter dans les jeux.

Le jeu propose également des collectibles à ramasser dans les niveaux. Divisés en plusieurs parties, ces collectibles permettent d'avoir accès à des photos et des documents relatant certains éléments de la Grande Guerre : le No Man’s land, l'Armistice, ...
 


Les tranchées de Vimy.

Une direction artistique marquante

11-11 : Memories Retold propose une patte graphique qui marque forcément les joueurs. Elle est encore une fois mise au profit de l'histoire. Véritable oeuvre d'art vidéoludique, on a l'impression de vivre une aventure poétique à souhait baignant dans des tableaux inspirés de l'art impressionniste. Surtout lorsque la musique d’Olivier Derivière propose des thèmes d'une beauté indéniable et véhiculant les sentiments du moment. La Bande Originale vaut le détour.
​A cela s'ajoute le doublage des deux héros, Elijah Wood pour Harry et Sebastian Koch pour Kurt, d'une grande qualité. On a vraiment l'impression de vivre une œuvre d'art même si les phases collectibles nuisent un peu au déroulement de l'aventure.


Le jeu possède une patte graphique magnifique.