Crossing Souls

 

Les 80’s sont à l’honneur dans ce jeu des hispaniques de Fourattic.

Nous sommes en 2018 et les années 80 n’ont jamais eu autant la cote. Séries, films, ou bien encore artistes de la scène musicale, tout le monde semble vouloir retourner à cette époque qui a marqué les esprits et les coeurs. Le monde du jeu vidéo n’y échappe pas et Crossing Souls nous offre un billet direct pour Tajunga, petite ville américaine, en 1986.

Nos 5 héros

Le club des 5

Tajunga, été 1986. C’est le premier jour des vacances. Chris est réveillé par son jeune frère Kevin, via un talkie walkie. Ce dernier lui demande de réunir leur bande de copains et de le rejoindre dans leur cabane dans la forêt sans poser de questions. Chris, habitué aux histoires un peu foireuses de son petit frère, rechigne un peu avant d’accepter.

On prend donc le contrôle de Chris pour partir aussitôt à la recherche des autres. La bande se constitue dans les premières minutes de jeu, permettant au joueur de se familiariser avec les commandes (très simples) et les différents protagonistes qu’il va incarner jusqu’à l’arrivée à la cabane et la mise en route à proprement parlé de l’histoire.

La formation du groupe n’est pas sans rappeler celle des Goonies, le duo Chris/Kevin, deux frères dont les âges font diverger les préoccupations principales mais pourtant inséparables, Matt, le petit génie de la bande qui manque d’anéantir son entourage à chaque nouvelle invention, Joe, la force tranquille, plus effacé et enfin Charlie, la fille dont le père alcoolique lui mène la vie dure, caractère fort, indépendante et ne trouvant sa place que dans ce groupe de garçons.

Cette camaraderie va mettre la main sur un artefact égyptien au pouvoir puissant, la pierre de Douât. Mais celle-ci est convoitée par le Major Oh Rus, principale antagoniste de nos adolescents.

Un style retro qui reflète parfaitement les années 80

A la croisée des mondes

Cette pierre de Douât autour de laquelle tourne tout le jeu est une pierre qui permet d’ouvrir un passage entre le monde des vivants et celui des morts. Cette pierre est très convoitée donc par le Major Oh Rus qui va s’en prendre à nos cinq amis et à leur ville natale. Le synopsis, en dehors de quelques rebondissements, ne changera pas de direction et se contentera du classique gentils contre méchants.  Dans cette quête, le joueur alternera entre les 5 compagnons, chacun ayant sa petite utilité dans la progression. Chris est un pro de la batte de base-ball, capable d’escalader des parois, Matt possède un pistolet laser et des chaussures équipées de jet pack lui permettant de se propulser sur de courtes distances et atteindre ainsi des recoins inaccessibles par un simple saut, Charlie utilise sa corde à sauter comme un fouet ou encore comme élastique pour effectuer des bonds gigantesques, Joe possède une force telle qu’elle lui permet de déplacer des objets lourds et d’assommer ses ennemis et Kevin est bon à faire des bêtises.

 

Grâce à la pierre de Douât, ils vont superposer les deux mondes afin de surpasser les obstacles qui vont se dresser face à eux. Le jeu n’est pas en soi très difficile et il sera facile au joueur d’alterner entre les deux mondes pour trouver indices, clés ou passages lui permettant de continuer la progression. Il n’y a réellement aucun passage qui bloque et on aurait parfois d’ailleurs que cela soit moins aisé. La sensation de manque de défi pointe son nez vers la fin du jeu où même les boss opposent finalement peu de résistance. Dommage de ne pas avoir su fait évoluer les personnages au fur et à mesure, et de laisser le joueur avec un goût de trop peu.

 

Déclaration d’amour

Toutefois, le plaisir n’est pas à bouder. Le jeu se déroule sur une huitaine d’heures et se présente comme une déclaration d’amour aux 80’s. La direction artistique du jeu est tout simplement au top. Présenté en pixel art et avec des couleurs bien flashy, le jeu est un régal. Les personnages ont tous des mimiques reconnaissables et sympathiques avec une mention spéciale à Kevin et ses moments “savoureux”.

Malgré cet habillage très pixelisé, l’univers de Crossing Souls reste très vivant et n’est pas trop figé notamment grâce à la vie insufflé dans divers éléments.

Il y a aussi ces référence trop nombreuses pour toutes les répertorier qui finissent de faire tomber amoureux le joueur de cet univers. Même si beaucoup d’entre elles ne sont accessibles qu’à un public de trentenaires, d’autres sont bien reconnaissables. Que ce soit les posters Ghostbusters dans la chambre de Chris et Kevin, les “occupants” à la Poltergeist dans la maison des voisins ou encore les affiches détournées sur le cinéma de la ville telle que celle de Stand By Me (qui est peut-être un des films auquel le jeu fait le plus référence), Cobra, ou Gremlins entre autres, les personnages qui peuplent Tajunga sont eux aussi de gros clins d’oeil. Le leader du gang rival des Purple Skulls est une copie conforme de feu Prince, le vieillard de la boutique chinoise est un transfuge de celui de Gremlins et le boss du manoir n’est autre que Vigo de Ghostbusters 2.

Même les collectibles cachés dans le jeu sont des VHS, cassettes et cartouches de jeux parodiant Mickael Jackson, U2, ou encore Super Mario.

Le méchant du jeu !

Un goût de trop peu

S’étalant sur une dizaine de chapitres, le jeu se découpe en tableaux eux aussi faisant références en général aux jeux vidéos de l’époque entrecoupés de cinématiques sous forme de dessins animés et diffusés avec des effets de vieille vhs usée. En vue de 3/4 , les niveaux empruntent ici aux platefomers et au RPG, mêlant habilement des passages plateforme et des traversées de donjons dans lesquels on progressera en résolvant des puzzles ou bien en jouant avec les deux mondes. Ici et là s’intégreront des passages en scroll très arcade comme une poursuite en vélo (coucou E.T.) ou bien une séance aérienne en scroll vertical.

Ces nombreuses références, toutes aussi agréables qu’elles soient, semble néanmoins empêcher Crossing Souls de créer sa propre identité. L’accumulation des divers genres fait que la plupart des niveaux ne font qu’effleurer un genre au lieu de se concentrer dans une direction et donner une véritable identité propre au jeu. C’est bien dommage tant les hispaniques réussissent à retranscrire les codes des différents genres avec un enthousiasme palpable. Avec ce potentiel, on aurait en voir plus et surtout les voir développer leurs propres codes.

Le jeu même s’il pêche un peu sur ce point reste solide, accompagné par des effets sonores à l’ancienne et une bande son retrosynth signée TimeCop1983, artiste déjà très connu dans le genre,  qui est un régal pour les oreilles.

Trailer de lancement