Dynasty Warriors 9

 

Bon, au bout de, donc, 9 épisodes principaux, auxquels on rajoute les versions XTreme Legends, Empires, et quelques autres spin off, doit-on vraiment encore vous dire de quoi parle Dynasty Warriors ? Oui ? D'accord, allons-y...

Pour résumer simplement, la série relate l'histoire des Trois Royaumes de Chine, période marquée par des guerres pour le trône impérial après la chute de la dynastie Han (chute qui est le départ de chaque jeu, avec la révolte des Turbans Jaunes). Et pour ce faire, elle a choisi l'angle du gros beat them up bien bourrin où on explose des ennemis par paquets de dix aux commandes de personnages qui se sont illustrés durant la période et deviennent donc surpuissants par rapport aux premiers soldats venus. Vous aurez compris, un cadre historique intéressant pour un gros défouloir dans des zones assez vastes. Mais pas cette fois. Enfin, si, mais pas tout à fait de la même façon.

Le jour et la nuit

Mais où est-ce qu'il a appris à planifier ?

Je vous vois demander fiévreusement (ou pas...) : "Mais qu'est-ce qui a bien pu changer dans Dynasty Warriors ? Les graphismes ?" Nope, mauvaise pioche. Tiens, on va d'abord parler de ça : le jeu est juste, pour de la PS4 et pour une série aussi longue, visuellement immonde ! Le moteur graphique est tellement vieillissant qu'on se retrouve avec un jeu spécialement conçu pour cette génération et qui souffre encore et toujours des mêmes problèmes d'animation et de framerate depuis pas mal d'épisodes ! Sans même parler de la qualité des graphismes, qui restent coincés à l'ère PS2 avec un petit lissage HD, ce qu'on pouvait déjà voir sur PS3...

Ce qui change donc, c'est la forme. Si le principe reste de taper comme un sourd sur à peu près tout ce qui bouge, cette fois, ça se fera dans un vaste monde ouvert où vous choisissez vos objectifs vous-mêmes et avancez à votre rythme, selon comment vous voulez vous faciliter la vie dans votre objectif principal. Le tout avec un cycle jour/nuit, bien des matériaux à ramasser un peu partout, la possibilité de fabriquer des armes... Omega Force a pensé à tout ce qui fait le monde ouvert. Enfin... Presque tout.

Il Était une Fois en Chine

Du craft et de la baston : quoi de mieux dans la vie ?

Si on semble avoir tout pour bien profiter du terrain de jeu offert par Omega Force, il y a en effet quelques problèmes à signaler, dont un majeur : c'est vide. Vide d'environnements variés (les villes et villages se ressemblent tous, on voyage entre la campagne et la montagne, en voyant sans cesse les mêmes choses....) et, surtout, vide de vie. Si on excepte la poignée de paysans et autres citadins dans les secteurs habités, les seuls êtres vivants humains que vous croiserez seront vos alliés ou vos ennemis. Difficile de croire à la vraisemblance d'un pays où chaque péquin rencontré est un soldat et où personne ne sort de son village...

 

Ce qui amène à un autre léger problème, dans la formule, cette fois. Les précédents épisodes avaient un rythme parfait, ils étaient rapides et nerveux, notamment grâce au côté resserré des zones de combat et, donc, à la concentration des ennemis. Ici, on retrouve ça de façon épisodique, monde ouvert oblige. Vous allez donc éliminer un groupe, puis partir sur les routes à la recherche d'un autre, tout en ramassant des matériaux, ouvrant des caisses, chassant (la chasse étant possible pour récupérer certains matériaux, mais attention à vos proies...), faisant évoluer votre cheval (le seul fait de se déplacer le fait évoluer en niveau)... On comprend évidemment que c'est nécessaire dans la configuration d'un monde ouvert, mais l'absence de vie et le visuel morne tendent à rendre tout ça un peu lassant, au point de vouloir rusher la quête principale de chaque chapitre, ce qui serait une certaine erreur.

De l'art d'être un chef

La tenaille !

C'est là qu'arrive l'aspect un peu stratégique du jeu. Dynasty Warriors 9 est bien plus conçu comme un RPG que les précédents (ne vous attendez pas à du Final Fantasy non plus, hein, ça reste du basique levelling), notamment avec son système de quêtes, un des points les plus intéressants. Vous avez à chaque chapitre un objectif principal qui, une fois accompli, fait avancer l'histoire. Mais vous avez également plusieurs quêtes secondaires liées qui permettent, en les remplissant, de réduire le nombre et le moral des troupes ennemis, ainsi que le niveau (et donc la difficulté) de l'objectif principal.
Il ne faudra donc pas hésiter à regarder votre carte et aller prendre des bases ennemies en plus, histoier de vous faciliter la vie et de faire des soldats ennemis de vrais brins d'herbe face à vous. Dommage que les nouveautés du système de combat soient aussi rigides, ce qui hache les empoignades, mais l'intérêt de parcourir le pays est bien là grâce à ce système. Et c'est sans compter les quêtes données par les habitants (qui ont une fâcheuse tendance à très vite se cloner....).

Citons aussi la possibilité d'avoir des cachettes pour se reposer (plus agréable que les feux de camp), se changer, envoyer des lettres à d'autres officiers... Peu utile, mais sympathique.
Enfin, au rayon des choses sympathiques, le jeu est par défaut en anglais, mais est disponible en français dans les options, et il dispose en plus, histoire de bien s'immerger, d'un doublage chinois (ne comptez pas sur moi pour vous dire si c'est du mandarin ou du cantonais, cela dit) en plus du japonais et de l'anglais.

Pour résumer, Dynasty Warriors 9 est particulièrement honteux d'un point de vue technique. Toutefois, le charme fonctionne encore assez pour retenir les joueurs, et on pardonne un peu les écarts devant l'énorme tentative de tout changer pour injecter du sang neuf à la franchise de belle manière.
Cela dit, si on peut accepter que le monde ouvert soit quelque chose d'encore balbutiant pour Omega Force, il va être temps de vite redresser la barre techniquement et d'aller plus loin dans les idées pour la suite, parce que la sympathie accordée à la franchise pourrait bien ne plus durer très longtemps dans le cas contraire...

Trailer de lancement