Dishonored 2

 

Nous sommes fin 2012 lorsque débarque Dishonored sur PlayStation 3. Nous faisions alors la connaissance de Corvo Attano, protecteur personnel de l’Impératrice des ïles, Jessamine Kaldwin. De retour de mission, il assistait impuissant au meurtre de celle-ci et à l'enlèvement d’Emily, sa fille et héritière. Désigné coupable, servant de bouc émissaire pour couvrir un complot politique, Corvo se lançait dans une quête de vérité, de vengeance et bien sûr, pour délivrer Emily. Nous découvrions alors Dunwall, ville aux inspirations victoriennes et steampunk, rongée par la peste et aussi les pouvoirs que développait Corvo, grâce à sa rencontre avec le mystérieux Outsider.

Bon voyage dans ce chef d'oeuvre

La paix n’est pas éternelle…

15 ans ont passé et Emily est à sa place d’Impératrice. Dunwall s’est  remise de la peste, mais un mystérieux assassin sévit, éliminant les opposants à l’Impératrice. Le peuple, troublé, commence à soupçonner son Impératrice de supprimer ses détracteurs. Alors qu’elle s’apprête à célébrer les commémorations en l’honneur de sa défunte mère, en compagnie de son père Corvo, fait irruption Luca Abele, Duc de Serkonos, accompagné de Delilah (ceux ayant joué aux DLC du premier épisode la reconnaîtront), femme prétendant un lien de parenté avec la défunte impératrice et réclamant le trône. Le joueur assiste impuissant à la déferlante de pouvoirs de Delilah et à la destitution d’Emily Kaldwin

Le jeu ne ménage pas le joueur et il doit décider dans le chaos ambiant, d’emblée, choisir qui il va incarner. Dishonored 2 donne la possibilité au joueur de reprendre les commandes de Corvo, et de retrouver des mécaniques de jeu déjà rodées (mais que l’on ne boude en aucun cas), ou bien d’opter pour Emily, la fille de Corvo, et de découvrir ainsi de nouveaux pouvoirs et une autre approche du jeu.

Une fois ce choix effectué, le protagoniste quitte Dunwall pour se réfugier à bord d’un navire, le Dreadful Wale, qui servira de refuge tout au long du jeu entre les missions.

La longue portée d'Emily en action

Sous le soleil des Îles…

Notre personnage chassé de Dunwall se dirige vers le sud, plus exactement sur l’île de Serkonos, dans la ville de Karnaca, qui a vu grandir Corvo. Le décor change grandement de celui de Dunwall. La ville est beaucoup plus colorée que Dunwall, plus vivante aussi et surtout chaque quartier possède une identité marquée, montrant la volonté d’Arkane Studio, de proposer aux joueurs une expérience variée tout au long du jeu.

D’ailleurs, on note d’emblée le travail d’orfèvres de toute l’équipe du studio lyonnais, qui propose vraiment un univers immense, bourré à craquer de détails, de notes, de rencontres et de lieux, qui donnent corps au jeu, vie à toute une cité, à travers des récits d’habitants, de travailleurs, scientifiques etc… Tout a une explication et sa place dans Dishonored.

Karnaca, plus qu’un simple terrain de jeu et de manière exponentiel par rapport au premier épisode, est un personnage vivant, nous dévoilant ces nombreuses facettes au fil des missions. Impossible de ne pas la percevoir de cette manière lors d’une mission telle que celle dans le manoir de Jindosh, qui change d’aspect et de configuration grâce à des leviers dans chaque pièce.

Cette facette du jeu est un des piliers du gameplay de Dishonored 2.

Faites votre jeu…

Dishonored 2 permet au joueur de faire un choix crucial; celui de la manière de progresser. Le joueur est seul maître de la direction à prendre. Pas de missions plus brutales ou empêchant toute furtivité ou finesse, et à l’inverse non plus. Non, pas d’extrêmes, mais une liberté totale laissée au joueur de faire son jeu. On peut envisager de tuer tout le monde sur son passage en fonçant tête baissée, ou bien choisir une approche tactique, silencieuse pour tuer chaque ennemi sur son passage ou bien les épargner tous, se transformer en ombre. Arkane a créé le jeu dans ce but. Les outils sont fournis aux joueurs et à lui de choisir son chemin. Ceux qui n’ont pas l’habitude pourront se sentir désorientés, voir perdus, peu de jeux laissant le joueur sans chemin tout tracé. Les niveaux par leur taille et leur complexité sont vertigineux, immenses.

Atteindre son objectif dans un niveau ne se fait pas en ligne droite, loin de là. Le joueur curieux et féru d’exploration sera aux anges tant les opportunités de faire un détour sont grandes.

Le level design est juste une merveille, alliant horizontalité et verticalité à la perfection. Mais plus que de monter aux sommets des immeubles, on y pénètre, coupe à travers, on observe la vie de personnages se dérouler, on interagit avec eux. Des tonnes de détails emplissent Karnaca de vie et de cohérence. Notes, ouvrages, objets, nourritures et charmes d’os récompenseront les explorateurs.

Karnaca grouille de vie plus encore que Dunwall qui était déjà admirable. Là, on est forcé de se pâmer devant l’excellence dont a fait part le studio Arkane.

 

Moyens et Pouvoirs

Karnaca est un des principaux outils donné par Arkane, un autre étant bien évidemment les personnages. Corvo ou Emily ? Une bonne dose de Blink ou bien de nouveaux pouvoirs ? Arkane a fait les choses bien en proposant deux personnages aux pouvoirs différents, ce qui permet de parcourir le jeu de manières variés. Pour autant, Arkane n’a pas choisi la facilité en proposant un personnage étudié pour les progressions violentes et un autre désigné pour l’infiltration, comme aurait pu le laisser le choix entre un personnage féminin et un masculin.

Ici, les deux personnages partent sur une même base de gameplay et les sensations en mains sont identiques. C’est après la rencontre avec l’Outsider que tout se joue. On retrouve chez Corvo ses pouvoirs habituels, dont le blink qui lui permet de faire des bonds dans l’espace ou encore ses pouvoirs de possession. Des améliorations font leur apparition pour notre plus grand plaisir, mais il faut l’avouer, la plus grosse part de nouveautés vient du personnage d’Emily. Ses pouvoirs sont redoutables et diablement efficaces. Les deux les plus marquants sont bien sûr la Longue Portée et le Domino.

La Longue Portée est une sorte de "bras" qui permet de transporter Emily à un point (un peu à la manière du Blink) ou bien d’agripper un ennemi et de l’attirer à soi afin de le maîtriser. Il appartient au joueur de l'éliminer ou de simplement l’étourdir. Domino est particulièrement intéressant puisqu’il permet de lier plusieurs ennemis et de leur faire subir le même sort. Grisant de les voir s’effondrer en même temps alors que l’on ne s’occupe que d’un seul.

Les pouvoirs et la manière de les utiliser ensemble et aussi avec l’aide du décor (le combo Longue Portée-Domino-Porte Électrique est tout simplement jouissif), rendent les possibilités quasiment infinies et on se régalera à refaire le jeu pour essayer de nouvelles combinaisons.

Les nouveaux méchants de Dishonored 2

Armes et évolutions

En plus de nouveaux pouvoirs, on retrouve les évolutions et les charmes d’os. Dans le menu, on peut ouvrir les arbres de talents, pour accéder aux upgrades des pouvoirs et des compétences de Corvo ou Emily. Il faudra ramasser des fragments bien cachés pour certains dans les niveaux pour pouvoir se payer les upgrades.

On retrouve aussi à nouveau les charmes d’os qui amènent des avantages au joueur mais aussi peut corrompre ce dernier. Un bonus d’agilité peut rendre plus vulnérable sur un point, ou bien une plus grande résistance peut rendre le personnage moins agile et le rendre plus facilement détectable. Il conviendra au joueur de décider du pour et du contre de chacun. Dishonored 2 permet aussi de créer ses propres charmes d’os. Pareil, il faudra composer entre bonus et malus. Le choix est tellement vaste que le joueur pourra personnaliser son style de jeu encore plus en profondeur.

Le joueur dispose aussi d’un panel d’armes plutôt complet même s’il ne change pas du précédent épisode. Il s’étoffe grâce à de nouvelles améliorations mais surtout, se marie à merveille avec les nouveaux pouvoirs. Des raccourcis sur la croix directionnelle permettent d’y glisser ses armes ou pouvoirs favoris et donc d’augmenter son efficacité.

La prise en main étant parfaite et déjà bien rodée depuis le premier épisode, c’est un régal de se plonger dans Karnaca en testant toutes les possibilités et combinaisons possibles. Arkane offre certainement la plus grande liberté d’action qu’aucun autre jeu ne délivre actuellement.

Presque parfait

Il n’existe nul jeu qui soit parfait en tout point. Pour Dishonored 2, la seule ombre au tableau vient de son moteur graphique qui accuse parfois quelques baisses de framerate de temps à autre et quelques textures un peu longues à s’afficher. Rien de bien grave, le Void Engine étant un moteur relativement jeune même s’il est issue du id Tech 5, même si cela vient gêner parfois lorsque le jeu s’affole un peu. A noter aussi un background un peu flou qui donne une impression d’inachevé sur ce point là.

Tout cela ne gâche en rien par contre une direction artistique sublimissime, emmenant le joueur dans un voyage au coeur d’un univers qui s’étoffe un peu plus depuis déjà un premier épisode conséquent.

Côté bande son, le jeu se pare d’un doublage complet en français de très bonne qualité même si la piste anglaise l’emporte d’un petit cran. Les effets sonores sont très bons aussi et la bande originale très belle même si très discrète.

Trailer de lancement